Entre Paris et Toulouse, l’été des Siestes électroniques est chargé. L’édition toulousaine à peine finie après une belle semaine de festivités, le staff des Siestes saute dans un train. Prochain arrêt, Quai Branly.

Il faut imaginer le jardin du musée du Quai Branly, lors de ces dimanches ensoleillées, caniculaires, du mois de juillet. À cet espace de 18.000 m2 dessiné par le paysagiste Gilles Clément – à qui l’on doit notamment les jardins de Blois, ou le Parc André-Citroën – ajoutons les flâneurs. De tous âges et de tous horizons, ils sont lors des Siestes des milliers à errer dans les jardins. Ils s’allongent ici, ils prennent le soleil là. Au centre, en bas du théâtre de verdure, entouré d’escaliers et de l’amphithéâtre vert, une table de mixage, un artiste se produit. Le cadre est posé, le « contexte d’écoute » est à la hauteur, bienvenue dans cet espace de détente où seule règne pour les organisateurs l’envie d’une « exploration musicale », de « curiosités qui se distinguent ».

Crédits photo - Tous droits réservés © Raphael Pincas | RP VISUALS

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« Ça s’appelle les Siestes électroniques, mais on essaie de garder un panorama très large dans les formes de musique qu’on propose » recadre vite Sandy Pasquarelli, chargée de médiation culturelle au musée du Quai Branly, quand on évoque la programmation de la cinquième édition des Siestes parisiennes. « Oui, il y a des noms qui résonnent plus dans la tête du grand public, comme une date avec Para One et Ed Wreck. Mais d’autres dates accueilleront des gens issus du folk, du métal, de la musique expérimentale … ». Comme à Toulouse, l’accent semble être mis sur l’éclectisme. Jeanne-Sophie Fort, de l’équipe des Siestes, rebondit sur l’aspect musical. « D’année en année, l’invitation faite au public de s’intéresser à des projets musicaux singuliers est devenu un mantra ». Le cadre est posé. On semble comprendre ce que sont ces dimanches singuliers qui, sous la houlette d’une organisation festivalière, ne relèvent ni du festival électronique, ni du concert folk, mais d’une séance de découverte musicale, où l’on vient pour découvrir et non pour entendre un style donné.

Élément fondateur des Siestes à Paris, les artistes font une sélection dans le fonds sonore du musée. Composé de « 5000 disques environ » selon la chargée de médiation culturelle, « il est tout le temps alimenté d’enregistrement de terrain, des apports d’ethnomusicologues, des CD qu’on acquiert ». Les artistes « explorent », « piochent et travaillent à partir de leur sélection ». Et Sandy Pasquarelli d’ajouter, « à une semaine de l’événement, il nous arrive de ne pas du tout savoir ce qui va sortir, ça peut complètement changer des musiques originales ». C’est sur ce point que le staff des Siestes et le Musée se sont rejoints, sur cette envie de proposer un moment à part, « de découverte, où les artistes sont encouragés à sortir de leur univers » analyse la chargée de médiation culturelle.

Pierre Bastien a joué plusieurs fois aux Siestes électroniques. À Toulouse, dans les jardins du musée du Quai Branly, ou encore à Kyoto, le musicien expérimental, créateur de l’orchestre « Mecanium » – qui regroupe « entre 200 et 300 instruments » – connaît bien les Siestes. « C’est une initiative très intéressante. Le travail musical est très agréable, le moment l’est aussi ». Et Pierre Bastien d’avouer, « je ferai cela tous les jours si je pouvais ».

Comme les autres artistes interrogés, le musicien approuve le concept, se réjouit de l’initiative. Seul bémol de circonstance, l’édition parisienne des Siestes 2012 prévoit une performance DJ, propose aux artistes une table de mixage. « Mais je n’ai jamais été DJ, moi. Faire le DJ en soi, ca ne m’intéresse que très moyennement ; mais ca m’a intéressé cette fois car il fallait faire le DJ depuis le fonds sonore du musée ». Alors Pierre Bastien s’adapte. Il s’accompagne de « son » fonds sonore, des centaines d’instruments qu’il accumule dans son studio, et adapte sa prestation à ce qu’il sait faire. Le résultat est bluffant : à mi-chemin entre le live, tel qu’on le connaît aujourd’hui dans les musiques électroniques, et le DJ set, le musicien explique. « À chaque morceau, j’ai introduit avec l’instrument principal du morceau, que j’ai dans mon studio. Puis j’enchainais avec le morceau du fonds sonore, je faisais la transition ». Et finalement, le résultat est au rendez-vous : « C’était un 14 juillet, le jardin était archi bondé, l’ambiance était agréable et détendue ». Bref, encore une belle réussite.

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L’ensemble des concerts au musée du quai Branly est gratuit.

MAIS devant l’engouement suscité par les Siestes Electroniques, chaque date sera accessible uniquement sur présentation d’une pré-inscription. Pour tenter d’obtenir la vôtre (personnelle et non cessible, valable pour deux personnes), pré-inscrivez-vous ici le lundi précédant chaque session (à partir de 10h). Les 600 premiers inscrits recevrons par e-mail leurs places dans les 48h.

Entrée obligatoire avant 16h sur présentation de votre inscription. Après 16h, le musée se réserve le droit de refuser l’entrée pour des raisons de confort d’accueil et de sûreté. Toute sortie est définitive.

En cas de pluie, la manifestation se déroule à l’intérieur du musée (entrée par le jardin).

Dimanche 05 juillet:

16h Aïsha Devi – live
17h Eric Chenaux – live

Dimanche 12 juillet:

16h Stephen O’Malley – dj set
17h Jéricho – live

Dimanche 19 juillet:

16h Aymeric de Tapol – live
17h Animalsons – dj set

Dimanche 26 juillet:

16h Ed Wreck – dj set
17h Para One – dj set

Dimanche 2 aout: 

16h Zaltan – dj set
17h Frànçois and The Atlas Mountains – live

Crédits photo de couverture:  Tous droits réservés © Raphael Pincas | RP VISUALS.

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