Il se tient en ce moment à Paris une grande rétrospective de l’artiste américain Keith Haring qui mérite amplement le coup d’œil tant pour le nombre d’œuvres qu’elle présente que pour la ligne directrice qu’elle suit, pleinement politique et centrée sur l’engagement dont Haring fit preuve jusqu’à sa mort, à l’âge de 31 ans. Pour la première fois en France sont ainsi réunies plus de 250 œuvres de l’artiste, de la peinture faite sur des objets antiques aux graffitis sur la tôle d’un wagon de métro new-yorkais. Et la « ligne politique » peut être comprise comme celle qu’Haring n’a cessé de suivre au cours de sa carrière, s’impliquant dans les grands combats de son époque comme le racisme, la menace nucléaire, l’environnement ou encore l’homophobie.

Keith

Icône pop quasi mythique du New York underground des années 1980, Haring commence à dessiner à la craie dans le métro de New York avant d’être repéré puis encensé, d’abord par ses pairs, Andy Warhol et Basquiat en tête, puis par le public. Dès le départ, il s’inspire du street art et de graffeurs comme Futurama 2000 mais en privilégiant des formes simples et des couleurs vives afin d’être facilement reconnaissable et donc de toucher un maximum de personne pour surtout aller toujours plus loin que « l’art bourgeois destiné à un petit cercle de personnes et ignorant les masses ». Son premier engagement n’est donc pas celui qui se joue au cœur de ses œuvres à travers l’utilisation de différents symboles mais bien celui de vouloir un art pour tous, pensant chacun capable de l’apprécier tout en s’éveillant à des problèmes plus concrets. Et l’exposition met bien en valeur la volonté permanente de l’artiste de multiplier et diversifier les supports de création pour tendre à une visibilité maximum quitte à être mal perçu du seul même monde de l’art lorsqu’il décida d’ouvrir une boutique New York ou d’apposer ses personnages sur une bouteille de vodka.

L’exposition se divise en huit parties expliquant chacune une facette de l’engagement politique d’Haring (le capitalisme, les mass media, le racisme, etc). On retiendra notamment les premiers dessins faits dans le métro new yorkais et présentés tels qu’ils l’étaient originellement, la série d’œuvres fluorescentes à admirer sous lumière UV ou encore les nombreuses et très belles pièces réalisées avec le graffeur LA2, autant d’œuvres qui nous font apprécier l’immensité et la diversité de l’œuvre d’Haring tout en soulignant le combat permanent qu’il mena contre les problèmes de son temps et ce jusqu’en 1990 où il mourût du sida, dernier combat qu’il avait engagé notamment à travers la création d’une fondation destinée à aider les enfants atteints par le virus.

Exposition « Keith Haring the political line » jusqu’au 18 aout au Musée d’Art Moderne, nocturnes mercredi et jeudi soirs (5,50eu pour les moins de 26ans, 10eu sinon)
Présentation des œuvres de grande taille de Keith Haring au centre culturel du Centquatre dans le cadre de l’exposition « Keith Haring the political line/Grands formats » jusqu’au 18 aout

Alia

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