Smallville Records, Aim, Dial c’est aussi une grande famille que forment ces labels qui marquent le renouveau de la musique électronique allemande en proposant des sonorités nouvelles, lisses et sobres.
Rien d’étonnant à ce que les artistes aillent d’un label à l’autre avec des productions toujours aussi réussies.
Pas de rivalité donc mais un partage d’un savoir-faire particulier où les Moomin, Lawrence, Christopher Rau et autres Pantha Du Prince font des échanges de bons procédés.

La production étant toujours d’une grande qualité le tout couplé à une esthétique unique qui en fait assurément son charme.
Et pourtant Aim est le petit frère des trois, seulement créé en 2010 mais qui compte déjà de nombreuses sorties de qualité.
On y retrouve la jeune garde de ses ainées, quand on sait que Lawrence est à la fois le boss de Smallville et de Dial on n’émet plus aucun doute quant aux liens entre les trois labels.
Derrière le label Aim se trouve Tristen qui est à l’origine de l’avant-dernière sortie du label en mai dernier, d’une élégance rare les trois morceaux construits autour d’un beat régulier témoignent d’une atmosphère recherchée et envoutante.

Dans la lignée des dernières sorties, c’est Arnaldo en transfuge de Smallville Records où son EP aux côtés de Juniper avait fait des émules notamment avec A Song Name Of One Word, une ballade lente et mélancolique qui laissait présager un bel avenir pour le Berlinois, qui sort son premier vinyle sur Aim.
L’avenir suit son cours de la manière la plus naturelle et Arnaldo signe un EP de trois titres qui collent parfaitement à l’esprit et l’univers du label.

Si la face A englobe deux morceaux plus rapides qu’à l’accoutumée, on dénote rapidement l’utilisation de sample de voix pour marquer chaque temps.
Primavera présente une évolution intéressante avec l’arrivée d’un synthé saccadé qui monte en intensité, la vocal grave est relativement lente par rapport au reste. Tous les ajouts sonores extérieurs à la structure principale du morceau changent la donne, notamment dans la perception du morceau.
Le même sentiment demeure à l’écoute de Only I Know The Name Of This Track, un kick agressif associée à la vocale répétée rapidement rejoint par des notes de piano qui changent totalement la physionomie du morceau qui malgré l’intensité des kicks et snares se révèle paradoxalement reposant.
La première face est clairement orientée club malgré un A2 qui jonglent entre temps forts et faibles.

De l’autre côté de la galette, on retrouve Blossom un concentré électronique où le reverb et les bruits de natures sont mixés ensemble, d’un ruissellement aux battements d’ailes d’insectes, le morceau résolument calme s’avère assez mental avec le kick qui ne perd jamais en intensité.

Aim Vinyl ne laisse rien au hasard, en recherche constante d’une qualité irréprochable et de sonorités toujours aussi agréables à entendre et à diffuser, précipitez-vous avant que les prix ne s’envolent.

 

Thibault