Cette sortie vinyle du jeune producteur australien devrait faire date. Propulsé par le label de Detroit Swindle Heist Recordings, l’EP d’Andy Hart est à mi-chemin entre House et Disco. Retour sur une sortie particulière.

Tout commence pour Andy Hart en 2009. Avec son ami Myles Mac, les deux Australiens, à peine la vingtaine, lancent la série de podcasts “Melbourne Deepcast”, estampillés House music. Une idée simple qui, s’alliant aux goûts musicaux pointus du duo, va faire connaître de la scène House les deux aficionados de groove.

C’est en tout cas comme ça que Andy Hart rencontre “virtuellement” Lars Dales, la moitié de Detroit Swindle. Un an auparavant, Max Graef avait introduit Andy Hart aux patrons du label Heist avec Jungle EP, sur lequel Max et Andy étaient en co-production. Pour le producteur australien, connaître les gens est essentiel avant d’envoyer ses démos. “Quand tu vois que maintenant, c’est très simple (pour les labels) de simplement dire non sans te donner aucun retour, ou même parfois ne pas répondre du tout, explique-t-il. Cela peut être démotivant quand tu commences, donc c’est vraiment mieux de connaître les gens qui gèrent les labels avant de leur proposer ta musique.”

Et La Même Pour Moi EP n’échappe pas à la règle : “On parlait avec Lars de musique, de l’évolution de la scène… Il m’a demandé d’écouter ce que j’avais produit, j’avais quelques démos qui traînaient, explique Andy Hart. C’est comme ça qu’ils ont choisi ces quatre tracks”. Quatre tracks qui composent l’EP au nom cocasse de l’Australien. À ce sujet, il explique volontiers que c’était les seuls mots de la langue de Molière qu’il disait au restaurant, pour commencer vin et déjeuners lors d’un voyage touristique avec ses parents. 

Andy Hart fait partie de cette jeune génération de producteurs qui portent l’étendard d’un renouveau de la House music. Avec Borrowed Identity qui l’expliquait dans nos colonnes, San Soda, Max Graef, Harvey Sutherland, Max Graef, ou encore le français Neue Grafik, ces producteurs qui ont grandi dans les années 90 puisent dans les racines du genre pour créer, dans les sonorités funk et disco pour sampler. Pas étonnant donc d’entendre Andy Hart citer Ron Hardy, Frankie Knuckles ou Larry Heard comme influences : ces pionniers de la Techno et House music ont imprimé une patte avec les TR808 et autres pads qu’une jeune génération prend goût à faire revivre depuis le début des années 2010.

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S’il faut citer l’une des sources d’inspiration les plus intéressantes, cela serait serait la transition durant la seconde moitié des années 80 entre le disco et ce qu’on appelle aujourd’hui House Music”, explique pour sa part Andy Hart. Logique donc de retrouver des tubes disco dans les samples de son EP : dans Merkin, on entend “We Got The Funk” de Positive Force, et la B2 de l’EP n’est autre qu’un edit du track disco de Barbara St. Clair, “Teacherman”. Respectivement, les deux samples datent de 1979 et 1976 : en plein dans le mille des influences d’Andy Hart, la boucle est bouclée.

La face A1 de l’EP reprend elle aussi ces influences mais avec un ajout plus moderne de basse, fidèle à l’empreinte de Detroit Swindle sur le label Heist. Le synthé mêlé au sample vocal donnent un sérieux coup de pouce au track, en en faisant de fait le track le plus club de l’EP.