Ce 9 septembre est sorti sur Innervisions Records le nouvel EP d’Agoria.
La maison Innervisions, c’est sans doute le cœur de la techno européenne, le rubis qui révèle sans cesse de nouvelles facettes. Que cela soit Dixon, Marcus Worgullou encore Âme, ils sont tous aussi brillants les uns que les autres et prennent un malin plaisir à animer et désarticuler nos corps sous musique.
On remarque dans cette belle écurie une véritable ligne sonore qui se ressent dans chacun des morceaux produits, une techno douce mais puissante, dansante mais pas agressive, des samples entrainants et, bien que très variés selon les artistes, on ressent cette patte Innervisions qui nous fait aimer ses productions.
Il y a quelques jours donc, c’est le français Agoriaqui a rejoint le temps d’un release les bancs du label allemand – et, au vu de sa qualité, on espère que la collaboration n’est pas qu’éphémère. Notre côté chauvin ne pourra que se réjouir de voir un français intégrer les rangs d’Innervisions, surtout pour un tel EP.
Agoria est de ces français que l’on se plait à montrer au monde, cette french touch musicale qui plait. Sa techno est des plus hétéroclites, l’influence de Détroit se ressent à travers les samples utilisés et une petit touche Acid peut se faire sentir dans certains de ses titres, et même si l’on est pas adepte elle est si bien agencée qu’elle séduit. De plus on ne saurait que le remercier pour Infiné, cette belle écurie où se côtoye bonne musique et bel esprit, et surtout pour son attachement aux Nuits Sonores de Lyon qu’il a contribué à lancer il y a quelques années maintenant, et qui fait aujourd’hui rayonner la musique électronique dans le Rhône.
A l’inverse de son dernier album où il avait invité les ténors de la techno Carl Craig et l’excentrique Seth Troxler, son EP « Scala » n’inclue que son talent et sa générosité musicale.
Composé d’une track exclusive et d’une reprise d’un de ses précédents titres, cet EP était attendu depuis bien longtemps par les adeptes de la maison, et ne les a pas déçu.
« Scala » est de ces morceaux qui vous restent en tête dès la première écoute. Le sample est si bien mis en place et préparé que sa découverte n’est que plus attendue, et lorsqu’elle arrive après deux petites minutes, on n’est pas en reste. Sans prévenir le volume monte, les basses suivent très vite, on ressent ce petit côté Acid qui faisait la renommée du dj français lors de ses précédentes sorties. Une belle construction donc pour un morceau qui devrait vite devenir une référence chez Innervisions.
Quant à la face B, on peut se sentir perturbé – ou déçu – quand on s’aperçoit qu’Agoria n’aurait fait qu’intégrer une de ses précédentes tracks, « Kick The Peace » pour accompagner la face A. Mais il n’en est rien, bien qu’ayant le même nom les deux tracks se complètent mais ne se ressemblent pas. C’est bien singulier et risqué de faire une suite, le cinéma étant sans doute le terrain de jeu où ces échecs se sont le plus montrés. Le défi était donc de taille pour le français car ce qui sera désormais la « part 1 » était des plus réussies. Mais à défi de taille la réussite n’en est que plus grande. On peut même après une écoute des deux à la suite comprendre la volonté du musicien de faire de sa nouvelle sortie la « part 2 » du morceau daté de 2006. Essai transformé donc pour « Kick The Peace ».
On attend toujours les nouvelles sorties Innervisions, et encore une fois on n’a pas été déçu.
Ce dernier EP risque de beaucoup faire parler de lui, il s’intègre peu à peu dans beaucoups de sets. Âme, Laurent Garnier, et TaleofUsont en déjà fait résonner les travées de cet air qui ne demande qu’à être entendu.

Amaury

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