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Rencontre avec Tevo Howard, musicien de Chicago aujourd’hui dans la house mais dont les racines musicales sont pleinement New wave. On a discuté entre autre d’un des disquaires les plus célèbres de Chicago, des pionniers de la house music, de label underground obscur et de cuisine avant le passage de l’artiste ce soir au Badaboum. 

Bonjour Tevo, bienvenu chez High Five ! On sait que tu t’es mis au DJing après un accident de skate et une blessure au genou, comment c’est arrivé et quand t’es tu intéressé à la production?
Je fais du skate depuis mes 11 ans, influencé par un de mes meilleurs potes, Jeremy. Jeremy, qui est décédé depuis (RIP), m’a beaucoup inspiré et représente ma première introduction, enfant, avec la culture New wave, avec la musique mais aussi avec le style, l’habillement (la mode New wave c’était les cheveux qui tombent sur un œil, les bas résilles, et les marques de prêt-à-porter des années 80 comme Marithé + François Girbaud etc). Jeremy m’a aussi fait découvert le skate, et ça n’a pas pris beaucoup de temps avant que je commence à en faire régulièrement.

J’ai continué jusqu’à 16 ans quand la police de Chicago m’a ramené un jour chez ma mère et m’a allongé sur le canapé car je m’étais cassé le genou en skatant un peu illégalement dans une piscine du Downtown. Je me souviens des premiers mots de ma mère après que la police soit partie : « maintenant, tu l’as fait ». Et elle s’est assise devant la télé, alors que je ruminais ma colère et ma honte que la police ait du me ramener chez moi. C’est clair que ce n’était pas un crime horrible, mais ça me semblait terrible à moi, le gosse catho de 16 ans. Après quatre mois de réhabilitation, j’ai pris la décision de ne pas continuer le skate, et même si j’avais commencé à mixer depuis quelques années, à cause de cette blessure, j’ai vraiment commencé à envisager le DJing sérieusement et je suis tombé amoureux du turntablism. Je me rappelle dormir dans le lit superposé du haut pendant que mon frère mixait dans celui du bas dans les années 1984-85. Je restais les yeux grands ouverts sur les beats martelant de Mr. Fingers – mes premières influences acides – avant de me rendormir à peine pour pouvoir écouter la fin du set de mon frère…

Quand mon frère a quitté la maison à 18 ans et s’est marié, j’ai eu une révélation et j’ai passé au crible les dix cartons de vinyles de house qu’il avait accumulé, pour trouver tout ce qui sonnait New wave. J’ai trouvé huit morceaux New wave comme Don’t Go de Yazoo et Bizarre Love Triangle, ce qui n’était pas assez pour faire une heure de mix. Ma réaction naturelle fut d’aller acheter d’autres vinyles pour complète ce parfait mix de New wave, et je dirais que ça ne m’a jamais quitté depuis. Aujourd’hui encore à Berlin, j’écume les magasins de vinyles pour compléter ce mix rêvé dont je parle tout le temps. C’est une chose magnifique dans le métier de DJ que cette quête infinie du parfait morceau pour ton set. C’est aussi dans ces années là que j’ai rencontré Lionel Melgar, qui m’a inspiré à jouer de la house car mes racines sont beaucoup plus New wave.

Tu parles souvent de Gramaphone Records Shop comme une des raisons pour ta passion grandissante pour le DJing, tu peux nous décrire l’endroit ?

Gramaphone Records Shop est le magasin de vinyles le plus connu et le plus ancien pour la dance culture à Chicago. Quand j’ai commencé à mixer et que je cherchais plus de vinyles pour mes sets, Gramaphone était le premier endroit où j’allais et puis c’était à vingt cinq minutes de chez moi en marchant. Une des choses que j’adorais avec cet endroit c’est qu’il n’était pas rare de rentrer dans le shop et de tomber sur des pionniers de la house en train d’acheter des vinyles. Avec un peu de chance, tu pouvais tomber sur Frankie Knuckes ou Tyree Cooper, même les membres du Hot Mix 5 posés dans le shop [Nb. les Hot Mix 5, composés de Farley « Jackmaster » Funk, Mickey « Mixin » Oliver, Scott « Smokin » Silz, Ralphi Rosario et Kenny « Jammin » Jason, officiaient en tant que résidents sur la radio de Chicago, WBMX, où leur programme Hot Mix Dance Party lancé dès 1981, fut le fer de lance de la house naissante]. Ce sont mes héros, ils sont les créateurs d’un mouvement musical puissant et passionnant. La house n’aurait jamais existé s’ils n’étaient pas là, et je n’aurais jamais suivi ce chemin et voyager à travers le monde. Gramaphone est géré par un honorable gentleman de la communauté de Chicago, Michael Sarafini, et si vous passez du temps dans le shop, vous le verrez avec des enfants de 11 ans qui viennent avec leurs parents et qui considèrent Michael comme un grand frère, de la même manière dont il a toujours été un grand frère pour moi le petit garçon de 11 ans.

Qu’est-ce que tu écoutais en grandissant, quelles sont tes influences musicales familiales ?

Ma mère était très RnB, elle écoutait tous les classiques comme Stevie Wonder, Michael Jackson, ses préférences allaient à Tina Turner, Anita Baker, et bien sur, son petit ami – à elle comme à toutes les femmes noires américaines de l’époque – Luther Vandross. Je me rappelle lui expliquer pourquoi je préférais New Order à The Cure pendant qu’elle se maquillait, quittant la pièce pour aller changer de musique et revenir poursuivre sur le sujet. Ses influences sur mes goûts musicaux ne se sont réveillées que plus tard en moi mais c’est souvent le cas avec la musique de nos parents. Mon père est un musicien de blues, respectés dans la communauté jazz de Chicago et au delà. Il est connu principalement pour ces talents de batteur, mais il se fait aussi remarquer pour sa voix dernièrement. Je suis le plus jeune de la famille, le métier de mon père m’a beaucoup influencé.

Quel est ton avis sur les fondateurs de la house de Chicago ? Est-ce que essaies d’inscrire ton travail dans leurs pas, ou est-ce que tu naturellement influencé par eux ?

Quanq j’ai rencontré Robert Owens, je me rappelle lui avoir dit :  « tu as aidé à façonner la vallée dans laquelle je marche » et j’élargis moi-même cette vallée pour que d’autres enfants afro-américains de Chicago puissent avoir l’occasion de voir le monde, de la tombe de Jésus aux kangourous d’Australie. Je n’aurais pas eu la même vie sans ça, malgré la criminalité élevée à Chicago, ça m’a permis de voir la lumière au bout du tunnel et d’avoir de l’espoir. A mes yeux la house offre cette passion structurée et c’est une bénédiction pour moi que d’en avoir profité pendant l’enfance. Je disais à Moodymann la dernière fois, « vous êtes des super héros pour moi, j’allais chez Gramaphone juste pour espérer tomber sur l’un d’entre vous ». Etant un vrai Chicagoan, je dirais qu’une des choses que je préfère avec la musique, c’est la liberté de ne pas se conformer aux règles si l’on n’en a pas envie, et moi-même lorsque je compose, c’est la house qui vient naturellement, librement, ayant baigné dans cette musique. Quand j’ai acheté pour la première fois des disques de Logic, je me suis assis et j’ai pensé « ok je vais faire une track house » parce que c’est ce que j’ai envie d’écouter. Ecrire une banging house track était un choix naturel, et je ne regrette absolument pas.

Est-ce que tu pourrais nous donner quelques artistes que tu aimes, présent ou passé ?

Wax Trax – un label pas si oublié de Chicago – a vraiment transcendé ma passion pour la New wave. Ils avaient une boutique sur Lincoln Avenue qui était un peu plus loin de chez moi que Gramaphone qui était sur Clark. Wax Trax a vendu sa collection, qui se composait d’une large sélection de vinyles, du New wave aux genres industriels [Nb. le label n’existe plus mais le disquaire oui]. Le label est une collection d’artistes et de morceaux pionniers des musiques électroniques qui ont inspiré tous les fondateurs de ces musiques à Chicago, en Allemagne, en Italie ou à Détroit, pour ne citer que ces endroits. Beaucoup d’artistes de Wax Trax, au même titre que Kraftwerk, ont posé les bases pour beaucoup de musiciens électroniques et certaines compositions sont toujours considérées comme des chefs d’œuvre aujourd’hui. Voilà mon top 3 des meilleurs albums de Wax Trax :

With Sympathy de Ministry, une exploration grand public du punk et de l’hardcore. Un ultime classique de la musique New Wave qui reste à ce jour toujours tout aussi underground et propose une vision que je qualifierai de lumineuse du punk et de l’hardcore. Un de mes morceaux favoris de l’album est Work for love. Le groupe s’est dirigé vers un son plus dur après cet album mais j’ai beaucoup d’amis pour qui cette oeuvre est un album de génie.

Big Sexy Land de Revolting Cocks, est un album un peu à part dans la musique industrielle New wave, qui aborde des concepts électroniques popularisés par la suite. Cet album est strictly underground.

12″ Singles de Ministry, sorti après With Sympathy, compile les classiques du groupe. L’album est sorti avant que le groupe n’évolue vers un son plus dur et plus industriel comme avec Skinny Puppy. Mon morceau préféré reste All Day mais Everyday is Halloween est le plus populaire du groupe.

WaxTrax

Wax Trax, Chicago

Un mot sur le disco, Derrick Carter disait il y a quelques mois qu’on ne pouvait pas être un ‘proper electronic music head’ sans aimer le disco qui semble redevenir populaire après avoir vécu une longue traversée du désert annoncé par la Disco Demolition Night. Qu’en penses-tu ?

L’influence du disco sur le monde est clairement sous-estimée, à la fois en terme de théories musicales fondamentales dans la composition, et à la fois comme modèle dans notre culture de la danse et du club aujourd’hui. Le sentiment de liberté des années 1970 du disco est le même que l’on célèbre la nuit dans les clubs de notre époque, on aurait juste appelé ça un disco club dans ces années là plutôt qu’un club comme aujourd’hui. Je partage l’avis de Derrick Carter, ce qu’il dit fait complètement sens, même si le monde a l’air de vouloir ignorer les corrélations entre le disco et les autres genres de musiques électroniques. J’ajouterai que Derrick Carter a lui aussi fourni des concepts musicaux pionniers qui se sont généralisés aujourd’hui. Je me rappelle mixer à ses côtés au début des années 1990 et ce qu’il jouait représentait pour moi la première définition de ce que je considérais comme ‘l’underground house music’. Il fait partie de ceux qui ont façonner le genre. Big up à Derrick et à son infini savoir musical sur Chicago et au-delà.

Des nouvelles sorties dont tu voudrais nous faire part?

J’ai un nouvel EP intitulé Lazy Afternoon qui arrive bientôt, une sélection de tracks house pour lesquelles j’ai utilisé une basse, mon instrument préféré. La basse est une vieille amie qui est restée avec moi contre vents et marées pendant toutes ces années, j’aime beaucoup exprimer mes sentiments à travers elle. Elle est toujours là quand je n’ai aucune romance, trop de romance ou que je suis dans une triste romance, tout ça étant les choses de la vie. Pour cet EP, je me suis enfermé dans ma chambre d’hôtel pour un mois ou plus, et j’ai écrit cet album à la basse et en utilisant quelques machines aussi.

Une question sur la situation des Noirs Américains dans ta ville natale de Chicago, une des villes où il y a les plus de fusillades dans les quartiers noirs du South Side de la ville mais aussi de nombreuses violences policières. On en a beaucoup parlé lors de la sortie de Chi-raq, le dernier film de Spike Lee, ou très récemment avec l’annulation du meeting de Trump suite à des manifestations, quel est ton ressenti? 

Mes paroles sont pour les habitants de Chicago, il faut arrêter la violence, tout cela contribue de la formation d’un tiers monde pire que les conditions d’esclavage que les Noirs américains ont connu. La paix est intérieure, ce n’est pas quelque chose d’externe à soi même. La peine que ces gens causent va infiniment plus loin que le poing ou l’arme qu’on pointe sur quelqu’un qu’on n’aime pas. Nous sommes le même peuple et nous devrions nous aimer les uns les autre, on ne pas peut les remplacer, on ne peut pas s’en défaire et en choisir des nouveaux. La haine, c’est de l’amour à l’envers mais il faut prendre conscience qu’on n’est pas remplaçable, je n’ai pas d’autre frère ou soeur, comme il n’y aura pas d’autre toi.

Pour finir, ton repas préféré en rentrant après un gig ?

A Chicago, un burrito de la taille de ta tête. En Europe, un durum.

Remerciements chaleureux à Tévo pour sa gentillesse et cette conversation passionnante.

Retrouvez le en live au Badaboum ce soir ; pour suivre l’artiste, rendez-vous sur sa page Facebook

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We had a really nice chat with Tevo Howard, one of the finest house music DJ of the new generation from Chicago, although his roots are definitely in the New wave culture. We discuss about skateboarding, Gramaphone Records Shop, house pioneers, and underground obscure record label among others. Tevo will play live tonight at Le Badaboum in Paris.

You turned to Djing after a bad knee injury from a skateboard accident, when did you start producing and how? The creation of Beautiful Granville Studios came after some years studying at the university far from the music scene, right?

I had been skateboarding since 11 years old, inspired by my first best friend Jeremy. Jeremy, who is now passed away (RIP), was extremely inspirational and was my first introductions as a child to Newave Culture as my music preference and styles of dressing (newave fashion being the hair over one eye, fishnet stockings and expensive 1980s clothing brands like Marithé François Girbaud, etc.) and as well my intro to skateboarding, which he picked up only weeks before I was to follow and start skateboarding as well…

I continued skating until 16 when, as I recall, the Chicago Police Department carried me in to my mother’s home and placed me on the couch next to her with a busted knee from illegally skateboarding in a swimming pool downtown. My mother’s words as the police left our home were: NOW YOU DID IT…Then she sat watching television as I moaned, reprimanding my misbehavior because the police had to bring me home.. Of course I hadn’t done a huge awful crime, but it seemed terrible to me as a 16 year old catholic kid. Nonetheless, I’d get better after 4 months of rehab and would have the option to not continue skating. Although I had been DJing at that point for some years, because of the bad knee those were the first moments that I decided to take DJing seriously and fell in love with turntableism. I do remember sleeping in the top bunk of my bunkbed while my brother Kevin would spin circa 1984 or 1985.. The odd part was that I remember cracking my eyes open to pounding beats of Mr. Fingers and what would come to be today rare acid gems, and only falling back into a deep sleep again for a few hours to hear the end of my brother’s set..

When my brother first left home at 18 to marry his high school sweetheart circa 1986 or so, I had the revelation to sift through my brother’s 10 crates of house jams for any newave that I could find. I found about 8 songs that were Newave like Yazoo – Don’t Go and New Order’s Bizarre Love Triangle which wasn’t enough songs to complete a 1 hour mix.. My normal inclination was then to buy a few more songs to complete the perfect newave mix, which I say is the same inclination that never ended, even today in Berlin I go to the record shop to make that perfect forever mix I’ve always talked about (part of the beautiful thing about DJing and collecting records is that neverending search for that perfect track for your set). It wasn’t until later that I met Lionel Melgar who inspired me to spin house music, although my roots in DJing are newave.

You’re also mentioning Gramaphone in your story as a big reason of your growing passion for DJing, can you explain what’s this place for our Europeans readers?

Gramaphone Record Shop is the most famous and longest standing Chicago vinyl record store for dance in the city. When I was first starting to Dj and went out to find a few more records for my set, Gramaphone was the first place that I went and was also a 25 minute walk from my mother’s home. The thing about Gramaphone that made the place so special to me back then was that it was highly likely to walk in the shop and find one of the great pioneers visiting the shop: on a lucky day you might walk in and by chance see anyone from Frankie Knuckles to Tyree Cooper or even members of the hot mix 5 in the shop hanging out. Those were always my heroes as they are the beginnings and creators of a passionate and powerful movement in music, The House music genre wouldn’t exist if it weren’t for them and I would not have ever followed their path and seen the world today. Gramophone is run by a great honored gentleman in our Chicago community, Michael Sarafini, who if you spend time in the shop with you’ll see those 11 year old kids come in with their parents like I used to and you’ll see the big brother that Michael is to them as he is that same big brother to me to date.

What did your parents used to listen when you were growing up? Your familial influences?

My mother was an RnB parent who listened to the normal classics like Stevie Wonder and Michael Jackson, yet her personal preferences belonged to Tina Turner, Anita Baker, and her personal boyfriend like every other Black women back then, Luther Vandross. All the same, I remember watching my mother put makeup on when I was 11 and explaining to her of why I liked New Order better than the Cure, leaving the bathroom and changing a song, then explaining more to her. Her influences in music on me of course would not dawn on me until later in life, which is often the case with kids and their parents’ musics. My father is a well respected Blues musician in the American blues communities of Chicago and beyond, mostly he is known for his dedication to the drums although his vocals have been his recent focus. So, yes, I’m the youngest son and for sure I take on my father’s profession in my music career.

What are your thoughts on the Chicago House founders? Do you try to inscribe your work into their footsteps or you just doing music that can be influenced by them, or neither of of them? 

When I met Robert Owens, I remember saying it to him best as so: you helped carve the valley I walk through; I’m only here to widen the valley for other Black kids like me from Chicago to have the opportunity to see the world that I’ve seen from Jesus’ tomb to the Australian kangaroo; I wouldn’t have lived if that opportunity weren’t there and despite the sometimes difficult crime in Chicago I was able to see light at the end of the tunnel and have hope.. The beautiful structure of a passionate statement in the craft of music that House music offers in composition for the dance genre is one of the most beautiful blessings that I know to have grown up with as a kid from Chicago. I said to Moodymann the other day: you guys are super heroes in my book, and I used to go to gramophone as a kid just to possibly run into one of you guys. As a true Chicagoan myself, I’d have to say that one of the free things about music is that there are no rules to conform to ultimately, and conclusively I’d have to say that when I write music mostly house music comes out because that’s what I as a Chicagoan grew up with. As well, when I first bought logic and sat down, I said to myself, « I’m gonna write a house track » because that’s what I’d want to hear for myself mostly: writing a banging house track was a natural choice rather than conformity. And I love that, so that’s what I write.

Could you give us a few artists that you really love, past or present?

WaxTrax a not forgotten Chicago label, honored well in all my days of Newave, had a shop on Lincoln Avenue in Chicago which was a bit further from My mother’s home than Gramaphone Records on Clark. They sold the WaxTrax label collection as it was being released back then as well as a wider selection of other vinyl from the  newave and industrial genres. The label itself is a collection of monumental electronic pioneer artists and musics that were cutting edge at the time and carved the road with the great electronic music pioneers of Chicago, Germany, Italy, and Detroit to name a few places from the start. Nonetheless, alongside the greats, like Kraftwerk, many of the artist from the WaxTrax label produced the early frameworks for electronic musicians and are still not matchable as some of their compositions are considered masterpieces still today. Here’s my top 3 WaxTrax Records albums of all times:

With Sympathy from the band Ministry. An exploration into a popular look away from punk and hardcore, so very very classic newave music that remained strictly underground and addressed a lighter side than punk and hardcore. One of my favorites, Work For Love. There were rumors of the bands dismay from the sound of With Sympathy as a first album as the band leaned later towards a harder sound. I’ve heard many people that know this album say that it is a genius album.

Big Sexy Land from the American–Belgian industrial band, Revolting Cocks.On the side of industrial newave, this a album addresses electronic concepts that would later be popularized and extracted from this early strictly underground newave industrial album.

And Ministry again, this time with their 12″ SinglesBit later from the With Sympathy release, this long version collection of Ministry’ Classics, released well before the band released albums with a harder more industrial sound like Skinny Puppy. All day is my favorite today, and Everyday is Halloween was the most popular song for the band in those days.

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 Rich Rosen, current owner of the Wax Trax Records shop

A word about disco, Derrick Carter said a few months ago that you couldn’t be a ‘proper electronic music head’ without loving disco that seems to become more and more popular after being rejected with such event as the Disco Demolition Night. What do you thing about that, about what Derrick said, and about the place/space of disco music today? 

Diso’s influence on the world is definitely under minded, both as a music theory foundation in composition, and as the template and pace and therefore framework of the dance genre today. Aside from that, the free will of 70s Disco music is the same free spirit celebrated today in night clubs (it’d be a ‘disco club’ or ‘the disco’ instead of using the words ‘night club’ if we were in 1970). So, yeah, I’d say that Derrick’s words are profound, yet the world may not find it intuitive to identify correlations between disco and electronic dance musics. Also, I’ll add that Derrick has always offered the world concepts in music that are global as pioneer. I remember DJing along side with him circa 1990 and what he played back then was the first definition I had heard of ‘underground house music’, which I would say Derrick pioneered the term of that genre back then along with a very select few others. Big up to Derrick, he’s endless knowledge in music from Chicago and beyond.

Any news or releases in a near future?

I have Lazy Afternoon Ep coming up, a selection of house tracks using the bass guitar, my favorite instrument. The bass guitar is an old friend of mine and has been there through thick and thin, so from time to time, I enjoy releasing my emotions through bass playing. The bass guitar is always there at times of no romance, too much romance, sad romance and all that can come from living and breathing life… So I locked myself in a hotel room for a month or so and wrote an album in Berlin with some machines and a bass guitar.

A word on the situation in Chicago regarding violence, shootings and police brutality? We talked about it recently with tthe last Spike Lee’ movie Chi-raq, or even more recently with the protestation against a Trump rally. 

My words to the people in Chicago are this: please stop the violence, you’re helping to create a third world of strife and stress that is worse than the conditions of american slavery. Peace is within and not external… Stop, the pain you are causing goes much further than the extent of your fist or pistol on someone you don’t even like. Stop, those are our people and we love each other, those are our only people, and we love them: we can’t go out and buy or exchange them for other people. Hatred is love in reverse and I don’t have another brother or sister, just like I don’t have another you.

What’s your favorite meal after coming home from a gig?

In Chicago: a burrito the size of your head. In Europe: a durum.

Warmest thanks to Tevo for his coolness, his kindness and his fascinating words. 

Catch him today at Le Badaboum. Follow him through his Facebook page

Alia.

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