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High Five fait sa rentrée le 12 septembre prochain au Petit Bain et reçoit pour l’occasion le Dj belge San Soda pour un extended set de 4 heures. Un peu comme Sven Weisemann, le Dj fait parti de nos artistes favoris et vous avez déjà pu tomber sur lui au gré de nos playlists ou du portrait que nous lui avions consacré (disponible ici).

Nicolas Geysens nait en Belgique dans un univers bercé par les Beatles et Queen. A 18 ans, il assiste à un set du légendaire Tyree Cooper, une pointure de la house made in Chicago qui lui laissera un souvenir impérissable et la conviction de se lancer dans la musique. Les prouesses d’Internet lui permettent d’explorer à son aise cette culture qui le captive, et de découvrir les plus grands de Théo Parrish à Omar S en passant par toute la scène house de New York et Chicago . Le monsieur ne s’arrête pas en si bon chemin et continue d’explorer les contrées de la black music pour tout connaitre du disco, de la soul ou encore du funk.

D’écouter de la bonne musique à faire de la bonne musique, il n’y a qu’un pas, que San Soda franchit allègrement lorsqu’il fait écouter une démo à son compagnon musical Red D, celui la même qui organisait la soirée avec Tyree Cooper. Ce dernier a en tête la création de son propre label, et la musique de San Soda lui apporte la touche finale. We Play House Recordings nait de cette volonté d’accompagner la musique de San Soda tout en signant les artistes qui croiseront leur chemin. Depuis lors, San Soda a sorti pas mal de merveilles, à commencer par le désormais légendaire It’s You mais aussi son album Immers & Daarentegen paru en 2010 et écume les lieux les plus illustres de la scène électronique mondiale, du Panorama Bar au Sonar en passant par les États-Unis et l’Asie, dont il est revenu récemment.

Il est de passage au Dimensions Festival ni pour deux, ni pour trois mais pour quatre dates s’il-vous-plaît et l’occasion aussi de rencontrer une partie de notre équipe avant la soirée du 12 septembre.

 

 

Hello Nicholas. On est tout à fait heureux de t’avoir avec nous pour la Gimme Five, le 12 Septembre, au Petit Bain. 

Nicholas : Ah ce n’est dans plus très longtemps. Plus qu’une semaine !

 

Tu connais très surement l’un DJ qui jouera avant toi sur la terrasse, pour un set très long lui aussi. Ralph, aka, Flabaire… 

Oui, oui je connais très bien ! Figure toi, je lui fais un remix en ce moment même. Il a sorti avec son acolyte Larry Houl un EP sur le label de Johannes Albert, FrankMusik. J’ai adoré cela !

 

Et tu as fini ce remix ? 

Pas encore. Je m’en occupe… Les vocales étaient superbes.  J’espère que cela sera fini pour la soirée. Qui sait ? Je n’ai plus qu’à faire la composition… et peut-être que cela sera prêt.

Intervention de Gratts : « Vous n’avez pas de micro ? » Celui-ci se lance dans la promotion de San Soda, usant avec délice d’une banane comme micro…  CDJ, Promoter, Boat Party legend… Fruit eater. 

 

Commençons simplement. De quelle partie de Belgique viens-tu ? 

De la Flandres. Mais la famille du coté de mon père vient de la Wallonie. Il est né à Gand. Mais ma Grand-Mère vient de Charleroi.

Gratts : « Il n’y a pas de caméra ? Ah c’est décevant. » puis imitant San Soda … «  Ah, c’est moi San Soda…  Je pense que DJ Gratts est mon DJ préféré. C’est un dingue.

San Soda rentre dans son jeu : Je vais seulement jouer avec lui ce soir. Malheureusement.

 

Depuis combien de temps vous connaissez-vous avec  Gratts ? 

Depuis très longtemps… On habite ensemble à Berlin depuis déjà six mois. C’est mon colocataire. C’est plus que ça, c’est un vrai ami.

 

Pas plus qu’ami ? 

Si (rires)… de sortes. C’est mon frère.

 

On voulait savoir si tu revenais souvent dans ton club d’origine, à Deinze? Comment as-tu appréhendé le fait de jouer dans les plus grands clubs de notre temps (Fabric, Panorama Bar, Trouw) ? Ne préfères-tu pas les petites ambiances plus intimistes ? 

Je n’y reviens plus souvent…  J’ai appris à jouer là-bas. Ma première étape c’était de voir Red D, de FCL, jouer là. Je disais à mes parents… «  Si je ne peux jamais jouer au Clues, alors là, j’arrête. » C’était un de mes premiers gigs. J’ai beaucoup appris là-bas. C’est deux fois rien. C’est un bar de 100 personnes mais dans le temps, c’était spéciale pour moi.

 

Quelles ont été les étapes après coup, marquant ta progression ? *

D’abord j’ai joué quelque fois à Gand. C’était la première. Mais à tout bien réfléchir, j’ai manqué une marche. Je n’ai pas vraiment jouer en Belgique, comme d’autres DJ le font. Ils sont résidents quelque part, jouent souvent à Bruxelles ou à Gand. Je n’ai jamais vraiment connu cela.

 

Pourtant, la scène bruxelloise est bien vivante, n’est-ce pas ? 

Oui tout à fait. La scène est bonne, vivante, mais toutefois la scène en Belgique est un peu asociale. Il s’y passe beaucoup de chose, mais dans un cercle très fermé. Ou bien tu te mets dans un groupe, et tu reçois des chances. Ou bien tu en es exclus. C’est soi l’un soi l’autre.

 

Contrairement à Paris. Beaucoup de choses se passent en ce moment, de nombreux collectifs font vivre la scène locale… 

C’est essentiel ! Tous travaillent ensemble. J’ai vu cela au Pays-Bas notamment. Durant mes premières années, je jouais peut-être dix fois au Pays-Bas et seulement deux ou trois fois dans ma terre natale. Sans pour autant comparer seulement ces deux pays, il est essentiel que les collectifs travaillent ensemble. Je le vois en Allemagne, je le vois au Pays-Bas, au Royaume-Unis… En France, je ne connais pas tellement, mais si vous le dites. Tout le monde s’invite. Si tu joues de la bonne musique, tu reçois une chance. Mais en Belgique, il fallait faire plus… Plus que jouer de la bonne musique. Tu te devais d’être bon ami avec les promoters. Ça ne m’intéresse pas. Je n’ai jamais fait cela, ou alors seulement via mon ami Bart. Je peux compter les promoteurs belges qui m’ont invité sur une main. C’est tout. Ceux-là, je les suis très reconnaissant!

 

Il faudrait davantage connaître les promoteurs plutôt que sa scène locale, en Belgique ? 

Oui, il faut travailler son chemin. C’est la même chose avec la radio, avec les fêtes, avec les festivals… C’est comme cela partout.

 

Pourquoi est-ce si fermé ? 

Je ne sais pas… Peut-être est-ce parce que la Belgique est petite. Très petite. Beaucoup de promoteurs ou d’artistes, même de clubbers, ont besoin de voir l’heure. Nous sommes très petits. Et inversement, on a besoin de crier très forts. À l’inverse, les grandes scènes comme Berlin, Londres ou Amsterdam fonctionnent différemment. Si tu cries très fort, personne ne t’entend. Personne ne t’écoute. Il y a tant à faire. En Belgique, tout le monde veut avoir son petit terrain. Alors après, chacun défend son territoire.

Je n’ai jamais fait parti de la Belgique. Surement parce que j’ai déménagé assez tôt. Il y a maintenant trois ou quatre ans que je vis à Berlin. Je n’ai jamais réellement eu le besoin d’essayer là-bas.

 

C’est notable : en trois ou quatre ans, tu as démarré très fort. Tu as connu un succès étonnant.  On peut dire que le début de ta carrière est plutôt bien remplie, pourtant tu es jeune. Comment expliquer cette ascension ? Est-ce venue avec le label, avec tes productions ? 

Les productions sont un bon moyen de te faire remarquer. Alors on t’invite jouer. Le premier pas fut de sortir quelques disques avec mon label, We Play House. Les gens te donnent alors une chance. C’est normal, n’est-ce-pas ? Mais une fois que je jouais, je restais en contact avec les promoters et les gens qui venaient me voir jouer. J’ai reçu de nouvelles chances après cela. De nouveau, je pouvais jouer.  Je n’avaient fait que quelques disques pourtant, mais les gens me donnaient une chance. Je suis content que des gens comme vous à Paris me donnent ces chances et m’accordent votre confiance pour jouer ce que je considère être de la bonne musique. Merci! Je suis content de pouvoir jouer tellement sans devoir être très actif dans la studio. Je me sens DJ en première place.

Vous ne le faites pourtant pas parce que vous avez lu une interview sur Resident Advisor, ou que vous avez vu une sortie dans les top 10 de la chart de Dettmann. 

 

Certaines personnes résonnent comme ça. Nous marchons au coup de coeur. 

Je suis très reconnaissant pour tous les gens qui m’invitent de nouveau, et qui se basent sur une expérience passée, non pas sur un bon podcast sur Resident Advisor ou une bonne interview, là ou là.

 

Ton dernier album date d’il y a quatre ans. Tu as des projets en cours dont tu aimerai nous faire part ? 

Absoluement ! Les deux dernières années, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour composer. J’ai délaissé mon studio. Mais maintenant cela a changé. Mon appartement à Berlin est comfortable, j’ai une cave où j’ai pu installé mon studio. Tout cela aide.

 

Et la cave évitera quelques nuisances sonores pour tes voisins… 

Voilà, ce n’est jamais facile. On est entouré de toute part. Mais mon studio est bien là. Depuis deux trois mois, je recommence. J’ai décidé il y a peu de commencer un petit label à Berlin. Un label qui me sera très propre, mon «  label à moi «, quelque chose de simple. J’ai choisi mes quatre morceaux de mon premier EP.

 

Comment s’appellera ce label ? 

Ah… J’hésite. Je ne sais pas si je peux vous le dire. Allez ! Ça m’a pris trois ou quatre mois. Je ne suis pas encore sur du nom. Peut-être qu’il changera encore. J’aime bien ce nom, Music Take Me UP, MTMU. Ça sonne bien ! C’est une chanson de Larry Heard que j’adore. Ça m’a pris quelque mois de réflexion. J’avais beaucoup d’idées. Je crois que j’ai trouvé maintenant ! Mais le nom importe peu. Du moment que la musique fait danser, et plait ! Les gens l’attrapent et le retienne. Du moment que le nom est prononçable.

 

En parlant de Larry… Un autre Larry. Larry Levan. Tu as participé au Larry Levan Ways, avec ta copine (ici présente). Raconte nous cette soirée ? Comment était-ce ? 

C’était émouvant…

 

On était malheureusement devant le stream, à des milliers de kilomètres de là. Pourtant, même devant notre ordinateur, on se rendît compte que cette après-midi avait quelque chose de particulier. Des gens de cinquante ans, de soixante ans, de tous les milieux sociaux, dansaient sur une même musique. On ne trouve pas toujours cela en Europe. 

Oui, tout à fait.  C’était plus que ça. C’était comme un rassemblement, comme une messe. J’avais les larmes aux yeux, deux trois fois. Frankie Knuckles venait de décéder. Ils ont joué une chanson pour lui. C’était beau.

 

Ont-ils renommé la rue ? 

Je crois bien qu’ils vont réussir. Ils ont réuni plus de 10 000 signataires pour la pétition. Et du coup le nom de la rue pourrais changer en „Larry Levan Street”. Je te montre maintenant un souvenir. J’ai aujourd’hui ma carte de membre du Paradise Garage. Je peux montrer ça. Membre de cette année. C’est cool non ? Je la garde précieusement.

 

On l’a souvent vu dans tes sets, tu sembles être un bon digger de vinyles. Quels sont tes endroits préférés pour chercher et dénicher des bonnes plaques ? 

Mes endroits préférés… À Berlin, il y a Record Loft. C’est surement le meilleur magasin de seconde main que j’ai jamais connu. C’est incroyable ! J’ai trouvé là-bas cette dernière année tant de trésors… Je n’ai jamais vu ça. Je n’ai jamais connu ça. Avec eux a éclôt une nouvelle génération de magasin. C’est le gérant de ce magasin qui va chercher lui-même les vinyls. Dans le temps, chacun allait chez son disquaire pour trouver et chercher ce qui venait de sortir.

Intervention de Gratts : C’est exactement ça. Comparons avec une Banane. Il y San Soda à l’extrêmité, et les disquaires de l’autre.  C’est une sorte d’érection.

Tout à fait Gratts. Une érection entre le Record Loft et moi. Ou l’inverse. Non mais le shop est vraiment bien. Le mec va chercher des trésors. À chaque fois, il déniche de telles pépites. On pourrait penser qu’après quelque temps, tous ces bons disques se seraient vendus. Mais non ! À chaque fois que j’y vais, je dépense tous mes euros.

Il vend environ 90 % de seconde main, et peut-être dix pour cent de première main. Il vend certes les disques des autres. Il s’occupe de trouver des collections de vieux DJs, partout dans le monde. Il voyage partout, puis les ramène à Berlin. C’est du recyclage de musique. Moi j’achète des disques, le weekend je les joue au Panorama Bar, et c’est ce monsieur qui les a cherché auparavant à droite à gauche.

Une fois j’ai acheté une vieille collection à Bruxelles. Un ancien resident du Fuse. Il avait environ trois à quatre mille disques. Je suis allé chez lui avec un autre collectionneur de disque qui avait un magasin à Gand. Ensemble nous avons acheté environ 1500 disques. J’ai pris ce qu’il me fallait. Il y avait des titres énormes. Je me souviens de cette collection. Le type qui nous les a vendu marquait tous ses disques. Il notait notamment quelle chanson il devait jouer,  quel style c’était… J’avais laissé tout ce que je n’aimais pas de côté. J’en ai pris peut-être 150 disques sur les 1500. Après quelques moi, je me balade à Record Loft, à Berlin. Je vois un disque avec la même écriture. Les même notes. C’était les disques du même collectionneur de Bruxelles. Les disques de l’ancien résident du Fuse. ! Je demande à Record Loft. C’était le cas. Il cherche partout, il ramène des collections de partout. À Berlin, il y a tellement de DJ, de diggers, de collectionneurs qui cherchent…

Figure toi que le vendeur de Gand avec qui j’avais acheté ce lot de 1500 vinyls n’arrivaient pas à les vendre. Tout le reste des disques que je n’avais pas pris restait dans son garage. Tous les mois, on se téléphonait et il me disait :

«  Tu viens chercher tes disques ? » et je lui répondais que non, je ne les aimais pas cela… Je n’allais pas les prendre. Mais Chris, du Record Loft, est venu chercher cette collection invendable à Gand. En quelques semaines à Berlin, tout fut écoulé. Il y a tant de personnes qui cherchaient ce genre de son new beat et techno des belges, des hollandais, avec beaucoup de house et techno des années 90… Tout cela partit vite. En quelques semaines. C’est dingue n’est-ce pas ? Les gens auraient pu acheté ces même vinyls à des prix bas en Belgique. Personne ne les voulaient là-bas. En quelques semaines à Berlin, à des prix plus élevés, on écoula le stock. C’est pour te signifier qu’il y a une route pour chaque disque.

 

Tu remarquais que beaucoup de gens cherchaient des vinyles à Berlin. Trouves-tu qu’il y a trop de DJ à Berlin ?*

Non absolument pas. C’est une compétition saine, agréable. Dans les bons clubs, tu entends de très bonnes choses. On a par exemple vu Tama Sumo, il y a deux semaines, au Panorama Bar, pour la Ostgut Ton Night. Elle a joué six/sept heures. Eh là tu entends des choses… Pourtant je ne fais que ça ! Dix heures par jour, je suis sur Discogs. Je cherche des disques, partout, tout le temps ! Et puis elle arrive … Elle joue six heures de musique. Je n’en connais qu’une heure et demie. Berlin est comme cela. Tu peux trouver des disques partout, et des artistes formidables. Tama Sumo est la preuve que la compétition est saine. Tout le monde cherche et pourtant chacun dégote ses pépites. C’est une compétition stimulante.

Une nouvelle génération de selector arrive aussi. Ron Hardy, Frankie Knucles, Larry Levan le faisait à Chicago et à New-York avec de la musique que venait de sortir. Ils voulaient jouer des sons que personne ou peu de gens connaissait. Pour impressionner mais aussi étendre les horizons musicaux. Tout les DJs cherchaient de la musique que personne n’avait. Aussi dans cette époque, la musique était déjà moins accessible pour le publique. Maintenant, nous faisons un peu la même chose mais avec de la musique sortie il y a vingt/trente ans. Une nouvelle génération de diggers est peut-être née. Nous jouons aussi de la musique qui vient de sortir, mêlée à celle sortie il y a vingt ans. Cette nouvelle génération de diggers est tout à fait intéressante. Tout le monde peut utiliser Shazam et rechercher de la musique facilement sur internet donc en tant que DJ on a plus de travail à essayer de surprendre son publique et être original.

 

Une question simple, terriblement classique, mais bonne à rappeler : Pourquoi San Soda ? 

Ah c’est tout à fait classique. Je radote. Soda je l’ai pris d’un track que je connais de Thomas Bangalter. La moitié de Daft Punk. Il avait crée un track sur Roulé s’appelant Club Soda. Sur l’EP Track on the Rocks, numéro deux je crois. Je l’adore.  J’avais dix-sept ans. Je n’avais jamais été dans un club. Je ne savais pas que Club Soda était en réalité une boisson. J’adorais le nom, parce que j’aimais la chanson. Puis j’ai commencé un radio show. «  Soda Sessions ». Et un été, en tant que moniteur dans un camp de mutualité, guidant des enfants, j’avais besoin d’un surnom. Il m’appelait San. Puis j’ai mis les deux ensemble: San Soda.

 

Merci de nous avoir remémorer cette épisode. Tu fus la personne qui joua le plus au Dimensions cette année – titre partagée avec Huerco S ou Caribou. 

Ah bon ? Ça ne veut pas dire grand chose !

 

Finissons sur une dernière question : Donner une fête, danser, jouer des disques, bref s’amuser … tout cela donne faim ! Un plat idéal pour se remettre d’une bonne nuit ? 

Ah, c’est une question bien française ! J’adore la bouffe, c’est difficile de répondre à cela. Que dire ? Je mange toujours, tout le temps.

Comme entrées, un carpaccio frais. Pour commencer, c’est parfait. Tu l’arrose d’huile de truffe et de parmesan. Puis comme plat principal, je dirai … oh je ne sais pas ! Ah si ! La carbonade flamande ! Classique belge. Avec de la bière, des frites et beaucoup de mayonnaise. Belge, n’est-ce pas !

 

Merci beaucoup Nicolas ! On se voit le 12 Septembre, pour un set de quatre heures. Chouette non ? Nul doute qu’il faudra bien manger avant. 

 

Notre event Facebook : Gimme Five w/ San Soda, Flabaire & more 

San Soda’s Fan Page

Dimensions Festival

 

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ENGLISH VERSION

 

High Five Magazine is back on September 12 at le Petit Bain and receives for the occasion the Belgian Dj San Soda for an extended set of 4 hours. A bit like Sven Weisemann, the DJ is part of our favorite artists crew and you have already come across him according to our playlists or portrait we had devoted (available here).

Nicolas Geysens was born in Belgium, in a world rocked by the Beatles and Queen. At the age of 18, he attended a set of the legendary Tyree Cooper, a size of the house made ​​in Chicago that will leave a lasting impression and conviction to get into music. Internet prowess allowed him to explore at ease this culture that captivates, and discover the greatest Theo Parrish to Omar S through the whole house scene in New York and Chicago. The man does not stop there and continues to explore the regions of black music to know all of disco, soul or funk.

Between listening to good music and making good music, there is a step that San Soda crosses when he shows a musical demo to his companion Red D, the same one who organized the event with Tyree Cooper. The latter has in mind the creation of his own label, and the music of San Soda brings the final touch. We Play House Recordings was born from this desire to support the music of San Soda while signing artists that will cross their path. Since then, San Soda has released a lot of wonders, starting with the now legendary It’s You but also his album Immerse & Daarentegen published in 2010, performing in the most famous places of the world electronic music scene, from the Panorama Bar to Sonar passing by the United States and Asia, which he recently returned from.

He is passing through the Dimensions Festival not for two or three dates but four dates if you’ll excuse him, here is the opportunity to meet some of our team before the event of September 12.

 

Hello Nicolas. Hope you’re well. We are so delighted to welcome you aboard next Friday, at le Petit Bain, for our “ Gimme Five ” party.

Not long to go, isn’t it? Only one week!

A little birdie told for me that you already knew one of the DJ that will play before you, on the terrace. His name is Ralph, aka. Flabaire.

Of course, I know him quite well. It appears that I’m currently remixing one of his tracks released on Johannes Albert’s imprint, Frankmusik. He made his track with his buddy Larry Hould. I totally love it.

 

Have you finished this remix yet? 

Not yet. I’m working on it. The vocals are wonderful. I hope it will be finish for the party, hopefully. Who knows? I just need to end the arrangement. And it might be ready, then.

Here comes the first intervention of Gratts: «  You guys do not have a bug ? » Then, he starts advertising San Soda, using with brio a banana: « CDJ, Promoter, Boat Party Legend… Fruit eater… This is San Soda ».

 

Thank you Gratts. Let’s start easily. From what Belgian part are you from ?

From Flanders. My dad came from Wallonia, he was born in Ghent. But my grandmother came from Charleroi.

Another intervention from Gratts: « You guys don’t have a camera ? Quite disappointing. » Then, he begins imitating Nicolas: « I think DJ Gratts is my favorite DJ. He’s a wicked man. And you know, I have a quite huge penis, don’t you want to see it ? »

(San Soda came into his play) I will only play with him tonight. Unfortunately.

 

How long do you know this great Gratts?

Since a long time. We live together in Berlin since six months. He’s my roommate. But he’s quite more than that.

 

Like your boyfriend, uh?

Haha sort of. No, I’m kidding. He’s like my brother.

 

We wanted to know one thing: Do you often come back at Clues, your debut nightclub? How did you manage your quick ascension, playing at famous nightclub such as Berghain, Trouw ? Don’t you prefer smaller venue?

I often came back in this place. I learnt to play there. The first step was seeing Red D from FCL playing his records. At that time, I told my parents: « if I never play there, then I quit DJing ». It was my first nightclub. I learn a lot there. But you have to figure this. It was quite a small venue. A bar of 100 people, at least. It was so special for me.

 

Afterwards, what was the decisive steps that marked your progression?

First, I played in my village. It was the first step to reach. But as i turn things over in my head, I missed a step. Compared to others, I never played in Belgium. Other Belgian DJs do that. They became residents somewhere; they play in Brussels or Ghent. I never knew that side.

 

That’s odd. Brussels has a well living nightlife, though?

Yes indeed. The local scene is great, living but I would define it as « asocial ». A lot of parties are thrown, but it’s quite a closed society. Whether you belong to this group, and you receive chances, whether you’re being excluded of it.

 

Compared to Paris or other majors European cities. A lot of great things are going on in our town today. Collectives gave Paris a reason for living.

This is essential! They all work together. I’ve seen it in the Netherlands, particularly. In my first years, I played maybe ten times in the Netherlands, but only twice in my country. Without only comparing these two countries, it is indispensable that collectives participate in the well living of their local night scene. I see it in Germany, in the Netherlands, in United-Kingdom… Maybe in France too, I don’t know. Everybody invites each other. If you play some good music, you receive a chance. But in Belgium… You have to do more, a lot more than playing good music. You have to be friends with the good persons, with promoters. That’s not what I’m looking for. I never did this, except with my good friend Bart. I won’t. I think I can count on my fingers Belgian promoters that invited me to their parties. Unfortunately.

 

Would you say you have to know promoters instead of local DJ and producers in Belgium?

Yes exactly. You have to work your way. It’s the same with radio, parties, and festivals. Everywhere.

 

Why is it so closed?

I don’t know… Maybe because Belgium is so small. Very small. We’re small people. And on the contrary, we need to shout so strongly. We need to demonstrate our existence. That is the opposite of European scenes, such as Berlin, London or Amsterdam. They work in another way. If you keep screaming, no one will ever heard your. In Belgium, everybody wants his little piece of garden. And then, everybody defends it. At all costs. I never belong to Belgium. Most likely because I move to Berlin four years ago. I never had the feeling to try there.

  

One sure thing: in three or four years, you have made quite a career. This is quite astonishing, when looking back at your young age. How could you explain this rise? Did it appear with you label, with your productions?

Of course, productions are a good way to be noteworthy. Then, people began to invite you. But it all began with releasing my debuts EPs on my records, We Play House. Then people really gave me a chance to play. And they kept inviting me. I receive new chances again and again. But this is quite wonderful. I only released one album, four years ago. I’m so happy that people like you, from Paris, invite me and gave me your confidence. Thank you! You don’t do it because you’ve read an interesting interview on Resident Advisor or seen my track on whatever number 1 DJ charts. Not at all!

 

Some people reasons in this particularly way. We prefer cases of love at first sight.

And I’m so grateful to every people that keeps invite me again and again. They based their judgment on their previous experiences, not on a RA podcast or an interview. That’s better like this. 

 

Your last album was released four years ago. What’s next?

Many things. In the past two years, I did not have so much time to produce and make music. I gave up my studio. But it changed. I’ve worked on my new comfy studio in Berlin, constructed in my basement…

 

This will help your neighbors.

Exactly. It’s never easy to make music, as we’re surrender by people. But my studio is great! I’ve been making music again since two or three months. And I decided to start a new label. A label of my own. I already chose what will be the four tracks of my first EP.

  

What’s the name of your new imprint?

Ah… I’m confused. I don’t know If I can release the secret. (Hesitating). Well, it took three or four months. I’m still hesitating. Maybe the name will change. But I like this name « Music Take Me Up », MTMU. It’s a good name, from a Larry Heard’s song. I love it. It took me so long to find it. I had a lot of ideas, indeed. But I finally found it. No matter what the name is, if people like the music on. Well, the name needs to be catchy, but the music is more important.

 

Speaking of a Larry… You recently attended to the Larry Levan Way party in the US with your girlfriend. Let’s speak a bit about it.

It was touching…

 

We were stuck in France, watching the live stream, millions of kilometers away but dancing at least. There was something quite unique about this party. People from all ages, from all social origins were gathered and danced all together. That is something we don’t see so much in Europe.

Yes indeed. That was more than that. It was a gathering, a Mass. I had tears in my eyes. Frankie Knuckles just passed away. They played a track for him. It was wonderful.

 

Did they manage to name over the street?

Of course. I think so. They gathered more than 20 000 signatures for their petition. More than 20.000. Now, the street’s name is Larry Levan Way. I have to show you something (He wave his Paradise Garage membership card, released for the party). I’m quite honored to have it. Isn’t it cool? I preciously keep it.

 

You seemed to be a great vinyl digger. What are your favorite records shop?

My favorite records shop… So many of them. Record Loft in Berlin, of course. It must be the best second-hand record shop I ever been to. I’ve found so many treasures these past years… You can’t imagine it. Record Loft represents a new generation of record shops. The owner goes find records on his own time. It wasn’t like that before. You used to go to your local place and see what was just released.

New intervention of Gratts : Exactly. Let’s compare it with a banana. At one point, you get San Soda. At the other point, you got Record Loft. It’s a kind of erection.

Exactly Gratts. That’s an erection between Record Loft and me. The shop is wonderful. The guy goes treasure hunt every time. You can unearth some goodies there. Every time, you could think that every good record would be sold. But no! I spend every penny I have in this shop.

He sells 90% of second-hand records, and maybe only 10% of new vinyl’s. He sells people records. He uses to find old collections, from retired DJs, everywhere in the world. He brought back his treasures in Berlin. He recycles music. Then, people like me buy these records and play them in Panorama Bar. But all this wonderful music came from this amazing man, that have seek treasures from pillar to post.

I have to tell you one story. A long time ago, I bought an old collection in Brussels, belonging to an ex-Fuse resident. He had roughly 1500 vinyls. I bought the complete collection with a friend, a record shop owner in Ghent. I took what I needed, what I liked. They were so huge titles! The ex-Fuse resident had the habit of marking every records he has. He noted what kind of songs he would play, what genre it belongs to. I kept aside what I didn’t like and went with the rest. One day, I was digging in Record Loft and was shocked to see one record with the same handwriting. Exactly the same I saw in Brussels. It was the same records. The former Fuse resident’s records. I asked Record Loft. It was the case. The guy is looking for masterpieces and hidden treasures everywhere. He brought back collections from hidden spots and it works. There are so many DJs, diggers, and collectors in Berlin…

Guess what… The Ghent seller – the one that bought the entire collection with me – failed to sell his records. He couldn’t sell them. Every record I did not take. And every month, he used to phone me and asked when I was coming back to take him his unsold records. Man, I take my part. It’s yours. Bu Chris, from Record Loft, he saw this opportunity. He came in Ghent and took a great part of the collection. In few weeks, it was all sold. So many people in Berlin were looking for this particular new beat – this 90s sound you get in Belgium or Netherlands… Isn’t it crazy? People could have bought these treasures for cheap in Belgium, but no. Record Loft get the chance and sold them 10 euros piece. There is a unique road for every record, I guess.

 

You noticed that a lot of people were digging in Berlin. Is there too many DJs in the capital of electronic music?

Of course not! It’s a healthy and enjoyable competition. In great clubs, you hear so many good things. For instance, we saw Tama Sumo playing in Panorama Bar for the Ostgut Ton Night. I went with my girlfriend. She played a six hours long set. You hear so many good tracks. I spent almost ten hours per day looking for tracks, on Discogs or through digging some records … I’m looking for new and old stuff every moment. Every day. All the time. Then, Tama arrives. She played six hours of music. On these six hours, I only knew about one and half. Berlin is a place like this. You will find many unbelievable records and fabulous artists in just one city. And in addition, Tama is a living proof that this competition is healthy. It is stimulating. Everybody’s looking for a weapon piece.

A new generation of selector has emerged. Ron Hardy, Frankie Knuckles, Larry Levan did it in Chicago or New York. The played music nobody knew – or almost. They wanted to impress people but also extend their musical tastes. Every DJ was looking for a rare and hidden piece of art. Now, a new generation of diggers might have just hatched out. We play music that was recently released, of course, but also music that was released ten or twenty years ago. This new generation of digger is so interesting to look at. It’s a cycle that begins again.

 

One simple question that is often – or almost all the time – asked: Why San Soda?

Oh, it’s a classic one. I’m rambling there. I took Soda because of a Thomas Bangalter‘s track called Club Soda and released on Roulé. Thomas’s the half of Daft Punk. I was 17 years old at that time. I never went to a nightclub. The first time I’ve been moving my ass on a dance floor was about 18 or 19 years old. I didn’t know that Club Soda was in fact a drink. I just liked the name, because I loved the song. Simply as that. Then I began a radio show called Soda Session. During a summer, yeas ago, I was monitoring children in a summer camp. They wanted me to have a nickname and called me « San ». They I found San Soda. It started because of Daft Punk.

 

Thanks for remembering this funny fact. You were the DJ that played the most at Dimensions this year – with Caribou and Huerco S. You played at four different venues.

Really? I didn’t know. This doesn’t mean much though.

 

 

Well, to end this question, we are used to ask you one simple and quite Frenchy question: Dancing all night long, throwing a good party, playing records could led you to eat an horse. What’s your favorite meal the day after?

Oh, that’s a French question indeed! It’s hard to answer. I love food. I’m eating all the time.

For starter, I could take a fresh carpaccio. It’s perfect to begin with. Moisten it with some truffles oil and parmigianno. How lovely is that? Then, regarding the main course… I really don’t know. Oh, I got it. A Carbonade Flamande. A Belgian classic. You just need a pint of beer, fries and a lot of mayonnaise. Quite perfect! Belgium do it better.

 

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