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Nos amis d’Into the Deep nous font la joie d’accueillir l’unique date du LIFESAVER TOUR II, la tournée organisée pour la seconde compilation du mythique label Live At Robert Johnson, le 17 avril prochain (l’event ici). 

Le Robert Johnson, c’est ce club intimiste posé sur les bords du Main à Francfort qui accueille les DJs les plus doués de la scène actuelle dans une atmosphère unique. A la tête de ce club réputé comme un des meilleurs au monde, on retrouve ATA, ovni musical féru de house et de beaucoup d’autres genres aussi, qui nous honorera de sa présence au Djoon vendredi. Il sera accompagné par un autre artiste de l’écurie LARJ, Lauer, qui viendra nous présenter un live comme lui seul en a le secret, à l’occasion notamment de la sortie de son nouvel EP Borndom. Conversation.

Bonjour Lauer, bienvenue chez High Five ! Tu es un résident du Robert Johnson, un club nommé après un des plus grands bluesman de l’histoire. Écoutes-tu ses morceaux ?

Pour être honnête, je n’ai encore jamais trouvé comment vraiment apprécier le blues … J’espère que cela arrivera bientôt, car j’aime et j’écoute tous les genres de bonne musique.

Beaucoup de gens voient en Berlin l’eldorado de la fête allemande. Mais ce n’est pas la seule, de nombreuses villes allemandes ont une énorme culture musicale électronique comme Hambourg ou Francfort. Est-ce que tu peux nous en dire plus à propos de cette dernière ?

Francfort possède une riche histoire sur la scène électronique … Je pense à Snap, Torsten Fenslau, Dorian Gray, Sven Väth ou encore Omen. Aujourd’hui les choses se sont nettement réduites, ce sont principalement les grandes entreprises qui dirigent la ville [la bourse de Francfort est la troisième plus grande internationale], les gens créent d’avantage de nouveaux bureaux et des appartements chics… Le lieu principal pour écouter de la bonne musique reste le Robert Johnson mais il y a aussi quelques bons endroits underground…

Comment expliquerais-tu l’énorme succès du Robert Johnson, un tout petit club excentré par rapport au centre ville ? Quelles sont ses qualités ?

Comme je l’ai expliqué, Francfort est une ville où règne les banques et le business mais c’est aussi une ville plutôt petite ce qui fait que le nombre de gens écoutant de ce genre de musiques n’est pas très élevé. Le Robert Johnson a la taille parfaite pour ça et le fait de ne pas être dans le centre peut être vu comme un avantage car cela permet d’éviter les gens qui ne se soucient pas réellement de la musique. Je devine que la politique de booking, le soundsystem excellent et le lieu lui-même font que le club est là depuis si longtemps…

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Tu parles de la manière dont le monde des affaires a envahi Francfort et il semblerait que le même process ait commencé à Berlin comme avec la mythique fresque de Blu dans le Kreuzberg, effacée pour laisser place à un futur complexe immobilier. Est-ce que tu penses que la ville pourrait perdre son statut de capitale de la techno (et avec elle son aspect underground et alternatif) ?

Je dois avouer que j’ai des sentiments partagés pour Berlin, et pas seulement parce que je viens de Francfort. Malgré le fait que j’ai beaucoup d’amis là bas, je n’ai jamais ressenti le besoin de m’y installer, je suis toujours assez sceptique avec les choses que tout le monde aime… Cependant je ne pense pas qu’elle perdra de si tôt son statut dans le monde de la techno. Vivre ici reste moins cher que dans la plupart des villes européennes, c’est bien qu’il y ait un tremplin comme celui-ci pour de nombreux jeunes gens à travers le monde qui veulent simplement faire la fête et boire des bières dans l’après-midi (rires) ! Comme Axwell et Ingrosso l’ont expliqué, « la musique underground est une musique d’amateur »… définitivement un des grands moment humoristiques de la semaine !

Les quelques fois où tu jouais à Paris, tu es venu accompagné de tout un crew, avec ATA ou encore Gerd Janson ou Oliver Hafenbauer. Est-ce que le fait de jouer « en équipe » vient d’un désir de votre part à tous ? Tu vas beaucoup tourner avec eux pour ce Lifesaver Tour II, vous arrive-t-il de vous prêter des vinyles d’une soirée sur l’autre ?

C’est vrai que Paris a toujours été un stop sur le chemin des Live At Robert Johnson tours. Je crois que c’est ma seconde fois avec les garçons ici et je joue quasiment uniquement des lives pendant ces tours. Mais j’espère sincèrement que mes collègues auront la décence de mettre de nouveaux morceaux dans leurs bagages, je leur rappellerai !

En parlant de vinyles, trouves-tu toujours du temps pour produire avec toutes ces dates ? On discutait avec Gerd Janson il y a quelques semaines qui nous disait que c’était dur avec toutes ses dates internationales, est-ce que tu te ménages du temps pour des cessions en studio ?

Gerd a un emploi du temps de folie… Je n’ai pas la moindre idée de comment il arrive à être toujours aussi gentil. Je ne joue pas aussi souvent que lui, et à part être un homme au foyer et un père, je n’ai pas d’autres devoirs que celui de faire de la musique. Mais merci de vous en inquiéter (rires) !

A propos du Tuff City Kids que tu formes avec Gerd Janson, cela est beaucoup plus rw que tes projets en solo. Il semble que ce soit un projet où vous vous êtes tous les deux permis de produire dans des genres où vous n’avez pas tant l’habitude d’aller ? En techno par exemple.

C’est à moitié vrai…car notre but est de couvrir tous les genres électroniques (et la techno en fait partie) notamment à travers nos remix et nos morceaux. On se retient juste pour le hiphouse, le gabba ou la hardtrance…

Il paraitrait que tu vas jouer quelques morceaux de ton nouvel album, Borndom, au Djoon. Comment as-tu construit cette nouvelle œuvre ? Que voulais-tu dire avec cet album et de quel morceau es-tu le plus fier ?

Je récolte des morceaux et des idées depuis mon dernier album sorti en 2012 que j’ai rassemblés durant trois mois. Il n’y a pas de message spécifique derrière cet album, mais la musique nécessite-t-elle vraiment un message ? Je ne suis pas sur (rires). Je suis très heureux des collaborations vocales que j’ai pu avoir sur cet album, c’est la première fois que je fais ça, même si le mot fierté est peut-être un peu fort.

Il y a 13 morceaux sur cet album, c’est beaucoup ! Que penses-tu de l’augmentation constante des albums par rapport aux EPs ? On devine que cela donne plus de liberté créatrice aux artistes mais est-ce que cela peut aussi compliquer la tâche ?

J’ai beaucoup entendu ça…que c’était peut-être trop long…mais en même temps, je ne savais vraiment pas quelle track sacrifier. Alors les gens du label [Permanent Vacation, label munichois] et moi avons décidé de garder les 13 morceaux. Il y avait encore plus de tracks à la base, mais elles ne sont pas parvenues jusqu’au choix final. Je suis d’accord avec toi, le format album offre plus de temps et de possibilités alors que celui de l’EP – particulièrement dans le monde des musiques électroniques – exige des tracks calibrées pour le club plutôt qu’un paysage sonore ambient par exemple. Mais d’un autre côté on pourrait aussi casser ses codes de stratégie marketing (rires), je suis partagé sur la question…

C’est la première fois que tu insères des vocals dans un album, pourquoi ça ? T’es-tu découvert des qualités vocales ? Penses-tu qu’un DJ peut exprimer plus lorsqu’il utilise des vocals ou que l’on peut ressentir autant sans mots ?

C’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire…et je suis moi-même un mauvais chanteur alors j’ai demandé à des amis. Quand je mixe, j’essaie de ne jouer aucun morceau avec des vocals mais je suis d’accord avec un ami qui pense qu’il devrait y avoir des vocals dans chaque nuit, mais je trouve ça dur de trouver de bons morceaux avec des vocals. Bien sur cela dépend aussi de l’occasion…

Et à propos du nom Borndom en lui même, est-ce une déformation du mot boredom (ennui) ? Un jeu sur le fait de naitre (born) ?

C’est un mélange des deux ! L’ennui, comme une force sous-estimée dans la vie de chacun. La vie est une raison pour que beaucoup de choses se fassent, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, comme écouter de la musique, prendre des drogues, jouer sur son ordinateur, faire du sport… J’aime le monde et j’avais besoin d’un titre neutre qui n’aurait pas tout entrainé dans une direction spécifique, excepté le fait que ça pourrait être ennuyeux (rires). C’est probablement une très mauvaise idée d’un strict point de vue marketing d’avoir un titre qui parle d’ennui mais j’aime beaucoup ça !

Concernant tes compères du Robert Johnson, tu joues avec eux la plupart du temps. Est-ce que c’était quelque chose de voulu ou de naturel ? Est-ce que tu pourrais nous dire quelques mots à propos d’ATA qui sera à tes côtés vendredi au Djoon ?

Ce n’est pas forcément vrai, nous ne jouons ensemble que pendant ces tours, c’est-à-dire peut-être 4 ou 6 dates dans l’année ! Le reste du temps je voyage seul mais à part ça c’est toujours un grand plaisir et un moment spécial de jouer avec eux, notamment parce qu’ATA est un de mes DJs préférés. C’est quelqu’un avec qui il est agréable de passer du temps et qui en connaît un rayon à propos de bonne nourriture. Alors j’ai hâte d’être au 17 ! Je suis aussi curieux de découvrir le Djoon, j’en ai eu des très bons retours ces dernières années…

On remercie Lauer pour ses réponses et son honnêteté. Retrouvez-le vendredi au côté d’ATA et de Step Daw d’Into the Deep au Djoon (et gagnez vos places avec High Five en cliquant ici).

As Lauer is making a stop in Paris in a few days for a Live At Robert Johnson gig at Djoon club, we took the chance to ask him a few questions. 

The Robert Johnson is that intimist club on the coasts of Main River, at Frankfurt, which welcome the most talented Dj of the actual electronic music scene in a particular atmosphere. At the head of one the most respected club of the world is ATA, a musical UFO in love with house music – and not only – who will make us the honor to make the Djoon club dancing this friday. He will be accompanied by another artist from the same home, Lauer, who will play live for this one, celebrating the release of his last EP Borndom.

– You are a resident at Robert Johnson, a club named after one of the greatest bluesman in music history. Do you listen his productions? And in a broader way, what type of music do you listen outside of the electronic musics’ world ?

  To be honest … I have not found out how to really like blues music yet … But I hope it will happen soon though, as I like and listen to all kinds of good music !

– A lot of people see in Berlin the eldorado of German partying. But Hambourg s got a huge musical culture too, and Frankfurt as well to quote only these two cities. Can you tell us more about Frankfurt way of throwing parties, and its awesome nights ?

Frankfurt has a rich history of electronic dance music .. Thinking of  Snap, Torsten Fenslau, Dorian Gray, Sven Väth, Omen, etc. Nowadays everything is a lot smaller. It is mostly business people who rule the town, creating new office space and « chique » apartments … The main place for good music remains the Robert Johnson but there are also some nice off locations / underground things happening in town …

– How would you explain the huge success and patrimony of Robert Johnson, whereas the club is a small one, and is not in the city center ? What are the qualities of that club compared to the larger ones in Frankfurt and everywhere else ? What has made it the club it is today?

As mentioned in the last question, Frankfurt is most of all a bank and business place, and it is a rather small city … So the group of people who would go out to listen to a certain type of music is not so big … RJ has the perfect size for that, and not being in the city center can also be seen as a plus, because it cuts out a lot of people who dont care about music … I guess the strict and consequent booking policy, the great soundsystem and the venue itself make it stand for so long too.

– You’re talking about how business people have « invade » Frankfurt, and it seems to be the same process that has started in Berlin like with the Blu’s fresco that had to disappear a few months ago because of a housing building project. Do you think that the city could lost his status of techno capital of Europe (therefore its underground & alternative culture) if nothing is made to protect it ?

I have to admit I’ve always had mixed feelings about Berlin. Not only because i’m a Frankfurt guy,  as I have many good friends there. I never felt that i should move there, I have always been sceptical about things that everybody likes. I dont think it will lose its status in the techno world anytime soon.. Living there is still a lot cheaper than in most other european cities. It’s very good that there is a harbour like that for a lot of young people from all over that want to go clubbing and drink beer in the afternoon …  (laughs)
Plus, as Axwell and Ingrosso put it: » Underground music is amateur ! » Definitely one of last weeks humorous highlights..  

– The few times we saw you in Paris you were with quite a crew, always with Atanasios aka Ata, but also sometimes (not to say often) with Gerd and Oliver Hafenbauer. Better to travel together as a team? Do you schedule then your parties ? For example for your LIFESAVER TOUR II, you are throwing a huge number of parties in the next two months, always as the LARJ crew. Do you exchange records maybe from one party to another aha ?

It is true Paris has always been a stop at all the LARJ tours. I think it is my second time with the boys here, its always a lot of fun. I mostly play live on this tour … And i really hope my colleagues will have the decency to put some new music in their bags … I’ll remind them.

– Talking about records, do you still find time for producing with all these gigs ? I was talking with Gerd a few weeks ago, he was telling me he was travelling non stop, from Tokyo to LA to Berlin to Paris … Do you keep some time for studio sessions ?

Oh, Gerd’s schedule is insane …  I have no clue how he manages to stay kind of on point. I dont play as often and besides being a houseman and dad I have no other duties than making music … But thanks for being worried ! (laughs)

– About the Tuff City Kids duo you are forming with Gerd Janson, it is a lot more rawer than your solo projects. Seems like it is a project where you both permit yourself to produce in some musical worlds you ordinary dont go to in your projects aside ? in techno music to quote it.

Thats half true … It is our goal to « cover » each and every genre of dance music (techno being one of them) within our remixes and tracks. But we’re only  still holding back Hiphouse, Gabba and Hardtrance …

– You’re going to play some tracks of your new album, Borndom, at Le Djoon. How did you build this new piece ? What did you want to tell with this album ? From which track are you the more proud of ?

I have been collecting tracks and ideas since the last album in 2012 and put them all together within three months. There is not a specific message behind this album .. Music maybe doesnt need a message ? I am not sure. Concerning the vocal collaborations, I am happy about them, it is the first time I do this. It is something I always wanted to do. And I am still a bad singer myself, so I asked some friends. When DJing i tend to not play any vocal tracks.. but i agree with a friend who said that there should be some vocals during the night … Still i find it hard to find good vocal tracks, of course it all depends on the occasion. 

But pride is a big word maybe …

– You have 13 tracks on that album, it’s a lot ! What do you think about the growing returning of albums instead of EP ? I’m guessing it gives the artistes more freedom to create but can it be a little harder too ?  

I heard that a lot, it is maybe too long … But then again, I really didnt know which tracks to take down. So the label people and I decided to keep those 13 tracks. There were even more tracks actually that didnt make it into the final round … I agree with you for the format, the album format offers more time and more possibilities, while an EP  – at least in the dance music world – needs to have club tracks rather than ambient soundscapes. But, on the other hand one could also let a big poop on all those marketing strategic stuff.. (laughs). I am undecided..

– What about the name Borndom ? Is it a deformation of boredom ? Or something that has to do with the fact to be born ? 

It is a mixture of both : boredom as a very underestimated force in everyones life, that is a reason for many things to happen : be it good or bad,  like making music or taking drugs, playing computer games or doing sports … I liked the word and I needed a neutral title that would not take everything into a certain direction. Besides that it could be boring.. (laughs). It is probably a very bad idea under marketing aspects to have a title with boring connotations..  But I liked that !

– Regarding to the « boys » of RJ, you are playing the most of the time with them. It is something wanted from the beginning or was is something natural ? Could you say a few words about Ata, the founder of the RJ, who will be at Le Djoon too on the 17th of April ? 

Thats not really true actually, we’re only playing together on those tours … And that is maybe 4 to 6 dates in a year. Rest of the time I’m travelling on my own mostly. But besides that, it is always great fun and something special. Also because of ATA being my favorite DJ, he’s fun to hang out with and he knows a lot about good food .. So i’m very much looking forward to the 17th !! I’m also curious about Le Djoon.. I heard very cool things about it in the last years.

Alia et Amaury.

Sources : photo de couverture David Strassburger
Photo Robert Johnson Resident Advisor

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