Depuis quatre ans, le festival Horst a fait le pari de combiner musique et art autour d’un château médiéval situé à une quarantaine de kilomètres de Bruxelles. Aujourd’hui bien ancré dans le paysage belge, Horst semble avoir trouvé un modèle pérenne.  

Difficile de trouver un lieu aussi unique que le château de Horst, situé dans le Brabant Flammand en Belgique. Depuis 2014, il est le théâtre du festival éponyme, qui a tout de suite misé sur une programmation ambitieuse, mêlant artistes reconnus, découvertes et scène locale. Et, à mesure que le public répondait présent, les programmateurs ont de plus en plus misé sur des plateaux pointus à l’exact opposé des superproductions voisines. Son cadre intimiste, offre la possibilité de faire la fête, mais aussi de profiter des différentes installations artistiques proposées pendant le festival. C’est là toute la spécificité du festival qui «a pour but de devenir une alternative et un mouvement d’évolution continue pour les cultures créatrices».

Cette année encore, Horst a sélectionné ses artistes avec soin, en variant les genres tout en gardant un cap avec les sonorités house, disco et soul. Le vendredi, les expérimentés Red Greg et Gilles Peterson auront l’occasion d’à nouveau piocher dans leurs immenses collection de disques. Ils verront sans doute d’un bon oeil la performance du local de l’étape, San Soda, qui était présent à l’édition de 2015 et qui d’après Resident Advisor «avait pris son pied comme n’importe qui». La native de Bristol, Shanti Celeste, ne manquera pas d’apposer sa patte à cette première soirée. Détroit sera bien représenté avec Jay Daniel, l’un des plus prometteurs dj et producteur de la motor city. Le boss d’Apron Records, Funkineven saura jouer entre des morceaux percutants et des vocales soul. Helena Hauff rappellera aux bons souvenirs du Dekmantel Festival, après une performance remarquée.

La journée du samedi n’a rien à envier celle de la veille. Le live d’Egyptian Lover, micro et 808 en main, devrait donner une atmosphère spéciale à l’événement. Le talentueux Call Super et le co-fondateur du label Studio Barnhus avec Axel Boman, Kornél Kovács devraient apporter leur lot de sonorités originales et nouvelles. MCDE sera à coup sûr l’un des attractions de la nuit. Ne pas délaissez pour autant le jeune K15 et le hollandais Young Marco de l’écurie Rush Hour.

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Interview de l’un des co-fondateurs du festival Horst : Jochem Daelman

ENGLISH VERSION BELOW

Comment avez-vous réussi à trouver cet endroit et comment cela s’est passé avec les autorités?

HORST se compose d’une équipe ayant divers backgrounds et une expertise. Nous avons tous fait d’autres projets avant le début de HORST. Au départ, nous avons simplement cherché un lieu inspirant qui pourrait servir de location de festival, mais serait également significatif pour l’exposition in situ. L’héritage du château de Horst est très important pour créer un programme artistique ambitieux comme nous souhaitons le faire.

Ces deux ambitions ont rapidement convaincu les autorités locales d’ouvrir le château pour un événement comme le nôtre. Le château atteint maintenant un tout nouveau groupe de jeunes de Belgique et au-delà. En plus, chaque été et automne, une nouvelle exposition extérieure d’œuvres d’art in situ est montée autour du château. Cela attire plus de touristes, mais cela affecte également les perspectives locales sur l’art, la nature et le patrimoine culturel.

Quand avez-vous choisi de commencer l’aventure de Horst et pourquoi?

Il s’est développé de façon organique, car nous faisons des événements plus petits, nous avons toujours eu l’intention d’expérimenter les éléments essentiels d’un festival en tant que tel. Comment une scène peut-elle être différente? Comment les DJ expérimentés peuvent-ils donner proposer leur vision à travers le design d’une scène ? Comment les artistes et les architectes peuvent-ils façonner une scénographie de festival innovante? Comment pouvons-nous présenter de jeunes amateurs de musique électronique à la critique de l’art ? Comment un camping peut-il devenir plus utile sur le plan social? Tous ces défis ont formé l’idée d’un nouveau festival, HORST. Je pense que les réponses que nous essayons de donner à ces questions enrichissent le paysage actuel.

Comment définiriez-vous l’orientation artistique d’Horst?

Artistiquement, l’objectif est de produire un art profond et sur mesure qui établit un dialogue avec son contexte: le cadre historique du château, son cadre rural verdoyant et la présence du festival lui-même. Cette édition se concentre sur la création de différents espaces partagés sur les terrains du château. Il y aura une série d’interventions temporaires et permanentes qui mettent en évidence ou réflecteront les éléments existants de l’environnement de la caste.

Musicalement, nous essayons d’offrir un programme diversifié de producteurs talentueux et des djs qui gagnent à être connus. De plus, nous essayons d’inviter des personnes et des collectifs du monde entier, qui contribuent à leur scène locale et résonnent à l’échelle mondiale tout en faisant ainsi, les gens comme Antal, Honey Soundsystem, Mister Saturday Night ou le collectif Assemble sont des exemples inspirants qui font simplement ça.

Vous semblez garder une place importante pour la scène belge chaque année, est-ce important pour vous?  

La nature du pays fait de nous un cas particulier. Nous n’avons pas de capitale musicale comme Amsterdam, Berlin ou Londres. Mais nous avons beaucoup de villes avec différentes scènes, chacune avec son domaine de prédilection ou son style spécifique. Il y a des choses intéressantes qui se déroulent partout dans le pays, mais sous une forme plus petite. C’est ce qui rend la Belgique diverse à l’échelle nationale, mais moins cohérente ou connue à l’échelle internationale. Nous nous efforçons définitivement d’ouvrir une fenêtre pour les talents belges à un public plus large, car nous avons des DJs et des producteurs très talentueux.  

Qu’avez-vous appris des trois éditions précédentes?  

Organiser des festivals extérieurs dans un pays pluvieux comme la Belgique est une entreprise risquée, mais c’est une expérience formidable dans tous les cas. C’est le projet que nous aimons tellement car nous sommes capables de programmer et de faire ce que nous aimons le plus. Nous avons la chance de collaborer avec des architectes et des artistes pétris de talent, nous sommes en mesure d’inviter les producteurs et les DJs que nous aimons et en qui nous croyons et nous organisons tout comme nous aimerions le voir organisé. D’une certaine manière, c’est romantique, mais la réalité financière frappe toujours le plus fort. Trouver le juste équilibre est le plus grand défi et ça, encore après trois ans.  

Le festival grossit chaque année, limitez-vous les billets pour garder son atmosphère intimiste ?  

Oui, nous faisons très attention à la capacité du festival, les œuvres d’art exposées et le château exigent vraiment un cadre intime. Nous pensons consciemment à la conception des scènes et au design du festival pour garder cette atmosphère globale.

Quelles sont les améliorations / nouvelles de l’édition de cette année?  

Cette année, nous n’aurons pas de scène dans la cour du château en raison des travaux de construction et de rénovation. Pour la première fois, nous aurons deux scènes expérimentales construites par deux studios d’architecture de renom. Le premier est Assemble Studio, un collectif londonien qui travaille dans les domaines de l’art, de l’architecture et du design. Leur pratique vise à résoudre la déconnexion typique entre le public et le processus par lequel les lieux sont établis. En 2015, ils ont remporté le prix Turner et ont attiré l’éloge pour leur approche atypique, ils repenseront l’expérience sur le dancefloor. 

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ENGLISH VERSION

How did you manage to find that spot and how did it go with the authorities ?

HORST consists out of team with diverse backgrounds and expertise. We have all been doing a variety of other projects before HORST came up. Initially we simply went looking for an inspiring location that could serve as a festival venue but would be meaningful as well for the in situ exhibition. The heritage of the Horst Castle is very important for creating an ambitious art program as we’re aiming to do so.

Both those ambitions quickly convinced the local authorities to open up the castle grounds for an event like ours. The castle now reaches a whole new target group of youngsters from Belgium and beyond. Besides that, every summer and autumn a new outdoor exhibition of in situ artworks rises around the castle. This attracts more tourists but it impacts local perspectives on art, nature and cultural heritage as well.

When did you chose to begin the Horst’s adventure and why ?

It grew organically, as we we’re doing smaller events we always had the intention of experimenting with the core elements of a festival as such. How can a stage be different? How can experienced DJ’s offer insights into a stage design? How can artists and architects shape an innovative festival scenography? How can we introduce young, electronic music fans to critical art? How can a camping become more socially valuable? All those challenges formed the idea of a new festival, HORST. I think the answers we try to give to those questions enrich the current landscape.

How would you define Horst’s artistic direction ?

Artistically the objective is to produce profound and bespoke art that establishes a dialogue with its context: the historic framework of the castle, its green rural setting and the presence of the festival itself. This edition focuses on creating various shared spaces on the castle grounds. There will be a series of temporary and permanent interventions that highlight or reframe existing elements of the caste’s surroundings.

Musically we try to offer a diverse program of talented producers and deejays people should know about. Moreover we try to invite personas and collectives from all over the world, who contribute to their local scene and resonate on a global scale while doing so, people like Antal, Honey Soundsystem, Mister Saturday Night or the Assemble collective are inspiring examples of doing simply that.

You seem to keep an important place for the belgian scene every year, is it important for you?
The nature of the country makes us a particular case. We don’t have a music capital like Amsterdam, Berlin or London. But we do have a lot of cities with various scenes each with its specific focus or style. There’s interesting stuff going on all over the country, yet in a smaller form. That’s what makes Belgium diverse nationally, but less coherent or known internationally. We definitely strive to open a window for Belgian talent to a wider audience as we have some very gifted deejays and producers.

What did you learn from the three previous editions ?

Organising outdoor festivals in a rainy country like Belgium is a risky undertaking, but it’s a great experience in any case. It’s the project we all love so much because we’re able to program and do what we all love the most. We get to collaborate with very talented architects and artists, we’re able to invite producers and deejays we love and believe in and we get to organize the whole thing as we would like to see it organized. In a way it’s romantic, but the financial reality always hits the hardest. Finding the right balance between that is the biggest challenge and it still is after three years.

As the festival is growing every year, are you limiting tickets to keep its intimate atmosphere ?

Yes, we’re closely looking at capacity as the festival, the displayed artworks and castle grounds really demand an intimate setting. We consciously think about stage planning and festival design to keep this overall atmosphere.
What are the improvements/news of this year’s edition ?

This year we won’t have a stage at the castle’s courtyard due to construction and renovation works. For the first year we’ll have two experimental stages built from the ground up by two renowned architecture studios. The first one is Assemble Studio, a London-based collective who work across the fields of art, architecture and design. Their working practice seeks to address the typical disconnection between the public and the process by which places are made. In 2015 they won the Turner prize and attracted acclaim for their atypical approach, they’ll rethink the regular dancefloor experience.

 

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