High Five Magazine s’est entretenu avec Fred P, l’une des figures de la scène new-yorkaise, dont la carrière a véritablement décollé en 2010 après la sortie son album Structure, sous son alias Black Jazz Consortium. Il sera à l’affiche de l’opening de la 5e édition du Macki Music Festival, à la Machine du Moulin Rouge. L’artiste américain évoque ici ses débuts, son rapport à la musique et la relation qu’il a nouée avec le Japon.

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Comment as-tu découvert la musique ?

J’avais une radio étant enfant, je l’écoutais tout le temps. Mes parents collectionnaient les disques et j’étais intrigué par ce qu’ils écoutaient. J’avais l’habitude de récupérer les disques de ma mère. Quand j’avais des bonnes notes, elle m’en offrait et je pouvais aller chez le disquaire pour choisir ceux qui me plaisaient. C’est vraiment comme ça que j’ai découvert la musique.

Tu as toujours voulu faire de la musique ?

Et bien, ça a été naturel pendant mon enfance. J’ai grandi à Brooklyn et il n’y avait pas grand-chose à faire, imagine, il n’y avait pas d’ordinateurs, pas d’internet, tout était analogique. Il n’y avait en gros que des disques et des cartouches à écouter dans la voiture. Il n’y avait pas de cassettes à l’époque. Ce n’est arrivé que dans les années 70 et début 80. Et puis il y avait la radio, toute la journée.

Qu’est-ce que tes parents écoutaient ?

Ils écoutaient de tout. Ma mère écoutait de la soul et de la musique classique. Mon père était plus branché soul, jazz, rock et du reggae. En gros un peu de rock et de choses expérimentales.

Tu écoutais tous les genres de musique, sans limites ?

Oui, à vrai dire, je n’avais pas vraiment le choix, on vivait tous dans la même maison. Peu importe ce qu’ils écoutaient, je l’écoutais aussi.

Et à quel moment as-tu commencé à produire ?

Ma première expérience de djing, je ne savais pas ce que c’était. J’étais un gamin, mon père avait l’habitude de jouer de la musique pour ma famille, lors de fêtes que nous faisions à la maison, dans la cour arrière, des trucs comme ça. Quand j’avais 10 ans, j’ai commencé à sentir le truc, je commençais à jouer de la musique pour ma famille, pendant l’été. Pendant un moment, je le faisais pour ma famille puis pour mes amis, lors de fêtes d’anniversaire. C’était toujours naturel, je ne me considérais pas comme un DJ mais j’étais toujours le gars avec de la musique.

Tu as donc décidé de continuer dans cette voie ?

La musique a toujours été quelque chose que je faisais. C’était quoi déjà ?  En 1983, le film Beat Street est sorti et ça m’a beaucoup influencé parce que j’étais dans le breakdance et des choses comme ça. Cela m’a inspiré encore plus et poussé pour continuer. J’ai commencé à faire des choses, en expérimentant des cassettes dans ma chambre.

Quand tu as commencé à produire, quel type de musique tu faisais ?

Ma toute première fois en studio, j’ai fait une démo pour un ami de la famille qui sonnait très hip hop. Mais quand j’ai commencé à me procurer de l’équipement, j’ai fait des morceaux de house. Et je faisais ça parce que je voulais faire des morceaux  de musique avec laquelle je me sentais bien à l’époque.

Dirais-tu qu’aujourd’hui, ta musicalité a évolué ?

À l’époque, c’était juste des boucles, du brut, ce n’était pas vraiment focalisé sur la musique, juste un son qui se répétait sans aucun focus. J’ai fini par m’impliquer avec quelqu’un qui est devenu mon mentor et m’a appris ce qu’est la production. J’ai commencé à apprendre à me concentrer et ça m’a en quelque sorte aidé à développer mon propre son.

Qui était cette personne ?

Il s’appelait Greg Spooner. Ce mec m’a pris sous son aile pendant 4 ans, dans les studios et il m’a appris à faire une démo à l’époque où je faisais de la musique hip hop. J’ai appris l’ingénierie de studio et la structure de la chanson. Tout ce que j’ai appris m’a aidé à développer le son que vous entendez aujourd’hui. La plupart des producteurs qui sont reconnaissables, c’est parce qu’ils ont leur propre son. Comme un morceau DJ Premier, c’est son son, il a été le pionnier de ce son, beaucoup de gens essayent de lui ressembler mais il y a un swing particulier. Ce processus d’apprentissage m’a appris à avoir mon propre son.

Dès le début, tu as toujours voulu avoir ton propre son ?

Ce n’est pas le problème d’essayer, il faut le faire tout le temps. Disons que tout ce que vous faites tous les jours, que vous réussissez, vous développez un niveau de compétence. Pour moi, il s’agissait plus de développer cette concentration quand je faisais du hip hop ou de la dance music, ou même de faire juste des sons expérimentaux, toutes ces choses m’ont appris à avoir cette concentration. J’aime produire, créer de la musique, jouer, afin que tout gravite autour de moi.

Je crois savoir que Jus-Ed a eu une grande influence sur toi ?

Jus Ed m’a donné l’opportunité de sortir de la musique sur son label et m’a aidé à lancer mon propre label. A partir de ça, j’ai eu quelques disques réussis qui m’ont conduit à tourner. De Londres, puis de Londres, je suis venu à Berlin. Je vivais entre New York et Berlin depuis quelques années et en 2012 j’ai décidé de déménager à Berlin.

Pourquoi avoir choisi de t’installer à Berlin ?

En fait, j’étais en tournée tout le temps. A cette époque, c’était encore nouveau pour moi, j’étais beaucoup booké. J’ai passé plus de temps en Europe qu’en Amérique, ça n’a pas de sens de passer quelques semaines en Amérique et de revenir ensuite en Europe pour quelques mois. Alors j’ai décidé de rester. De plus, j’étais dans une relation à long terme, ma copine a rompu puis j’étais en tournée quelques semaines plus tard.

Et comment est la vie là-bas ?

J’aime Berlin, tu plaisantes ! Ce n’était pas une transition facile, les deux premières années ont été très difficiles pour moi. Ce n’est pas qu’il n’y a pas de difficultés maintenant mais je suis toujours Américain, je me considère comme un invité, je ne suis pas un citoyen allemand, je ne parle même pas allemand. Mais ce que Berlin m’a permis de faire est quelque chose que je ne serais probablement jamais capable de faire en Amérique, c’est-à-dire être un artiste.

Est-ce plus facile d’être un producteur/dj en Europe qu’aux Etats-Unis ?

Je ne dirais pas en Europe. Je dirais simplement : à l’époque où je suis arrivé à Berlin, c’était comme wow, 2010, 2011, c’était plus dur parce que l’allemand est une énorme barrière, il y a une mentalité et une manière complètement différentes se comporter, vous devez apprendre à ajuster. Et pour toutes les questions logistiques, c’est probablement le meilleur endroit pour voyager. Économiquement à l’époque, ce n’était pas aussi cher qu’aujourd’hui. Maintenant vous parlez de l’embourgeoisement de Berlin, des gens de partout et du développement du bâtiment, de la construction partout. Les prix ont monté. C’est une jolie ville internationale maintenant. Ce n’est pas aussi facile qu’avant, mais la géographie n’a pas changé, c’est toujours facile de voyager, car c’est essentiel pour tout le monde. Pour moi, parce que je suis là depuis un moment, c’est ce qui m’a permis de tenir.

As-tu rencontré des personnes qui t’ont aider à t’acclimater à Berlin ?

Oui, je ne connaissais rien à Berlin, mon agence avec laquelle j’ai commencé, ils m’ont un peu aidé. Nick Lampion, qui faisait partie d’Artefakt, aussi. C’est  la première personne que j’ai rencontrée. Lui et Tevo Howard, nous traînions ensemble tous les jours. En fait, nous étions colocataires pendant quelques années. Il y a beaucoup de gens qui m’ont aidé. Esther Dujin, nous étions également assez proches dans les premières années.

Déménager à Berlin, cela a-t-il eu une influence sur ta musique ?

Je dirais que oui. Cela arrive avec n’importe quel artiste, nous sommes influencés par notre environnement. Je vis ici, je fais du shopping pour la musique ici, je joue en Europe et je suis influencé par les endroits où je joue. Tout a quelque chose à voir avec mon son.

Tu as dit tout à l’heure que tu avais commencé à beaucoup tourner, ça a été un gros changement pour toi ?

C’était un grand changement pour moi. Jusqu’à ce que je commence à voyager, je ne suis pas sorti des États-Unis. J’ai fait ma première date à l’étranger en 2010, je suis allé en Allemagne à Heidelberg. Avant ces deux dates, je n’avais jamais pris l’avion plus de deux heures. Donc voyager 8 heures ou 9 heures, aller à l’étranger, jouer devant des gens qui n’ont jamais connu votre musique, c’était différent. Puis, en 2010, les choses ont vraiment commencé, avec l’album de structure. Mon esprit était ouvert, quand j’étais à New York, j’avais l’habitude de faire vraiment la fête, mais vraiment la fête. Quand j’ai commencé à jouer plus souvent, je ne faisais pas la fête du tout, je me concentrais uniquement sur la musique. Ce n’était pas un énorme ajustement, je suis très reconnaissant et heureux de pouvoir le faire.

Et aujourd’hui, tu tournes toujours autant ?

J’aime toujours beaucoup jouer. C’est ma partie préférée, j’ai passé beaucoup de temps en studio à faire de la musique, l’idée est de créer un flot de consciences où j’introduis de la nouvelle musique. Plus vous jouez, plus vous pouvez le faire. Parce tu me parles de jouer devant des gens, c’est différent quand quelqu’un écoute en ligne ou écoute un disque à la maison. Quand vous avez un groupe de personnes qui vivent toutes la même chose en même temps, c’est un niveau d’énergie différent, de conscience. J’aime beaucoup ça et je veux jouer autant que je peux.

Tu fais majoritairement des dj set, est-ce que cela t’arrives de jouer un live ?

J’ai un projet en direct qui s’appelle The Infinity Project que j’ai fait à Mutek à Montréal et à Barcelone. J’aime faire des lives, je prévois de pousser le projet un peu plus loin, peut-être une étape en plus l’année prochaine, je serai plus à même de me concentrer sur un projet de live.

Je voulais te parler de relation avec les disques, quelles places prennent-ils dans ta vie ?

Les disques sont importants pour moi parce que j’aime faire des disques et j’aime les grands disques. Ces jours-ci, il y a tellement de disques qui sortent, il est difficile de tout avoir. En ce moment j’ai deux collections de disques. Une à Berlin et une autre à New York. Mon logement est très petit ici à Berlin, j’ai donc dû ralentir mes achats de disques, il n’y a pas de place pour les mettre. Il y en a littéralement partout. C’est un peu difficile, parce que je veux toujours avoir quelque chose de nouveau. Il y a quelques grands magasins de disques que j’aime ici et je reviens toujours de là-bas avec plus de disques. Et oui, les disques sont importants pour moi. Malheureusement, je n’amène plus autant de disques pendant mes dates. C’est difficile, la plupart du temps, j’ai un vol avec une connexion et le sac se perd. Et je dois être prêt à jouer sans eux. Donc, ce que je fais, pour éviter tout cela, je vais acheter des disques qui ne sortent qu’en vinyle et je les ripp, je vais utiliser une clé USB. Je prends seulement une petite partie que je peux emporter dans l’avion.

Quand tu as seulement quelques disques, est-ce que cela t’énerve de pas en avoir plus ?

Ca dépend, j’ai toujours 15, 20 disques dans mon sac de transport. Mais quand je fais la fête, je dois comprendre ce qui se passe avant de commencer à jouer. Ça ne prend pas beaucoup de temps avant que je m’en rende compte, mais j’ai besoin de comprendre ce que sont les gens et ce dont ils ont besoin. C’est ce que j’apporte. Avec les clés USB, j’ai plus de musique que je ne pourrai jamais jouer.

Donc tu t’adaptes à la foule ?

Exactement. Le fait est que, quand cela arrive, je ne pourrai ne pas en jouer (des vinyles). Maintenant, si j’ai juste mon sac de disques, et qu’il n’y a pas d’USB ou de CD, alors c’est juste ce qu’il y a dans le sac. C’est bien aussi, mais cela va exiger que j’amène les gens dans une direction complètement différente. Si je ne suis pas préparé pour ça. J’aime l’idée de pouvoir aller dans n’importe quelle direction.

Tu as amélioré la façon dont tu perçois ton public ?

Oui, j’ai beaucoup appris à travers les expériences partout dans le monde. Chaque endroit est différent, chaque club a besoin d’une touche différente et tu dois être prêt à faire des ajustements tous les temps. Je pense que le plus gros avantage de cela de mettre son ego de côté, il ne s’agit pas de vous, il s’agit des gens qui viennent à la fête, qui s’amusent. Si vous en faites votre priorité, ça devrait aller.

Parce que tu sembles avoir un connexion spéciale avec ton public, notamment avec ta page Facebook pleine de posts remerciement.

Ouais totalement. Je crois que vous devriez être reconnaissant. Si vous aimez la musique et que vous faites cela comme carrière, vous devez être reconnaissant, point. Il y a tellement de gens qui aimeraient faire la même chose et qui n’ont pas cette chance. Je suis toujours heureux quand les gens se présentent à une fête, ils sont ouverts et ils s’amusent et passent un bon moment. Je suis super reconnaissant pour ça. Je prends du plaisir parce que j’aime la musique autant qu’eux. J’aime partager cela, le rendre. J’aime partager le set sur ma page soundcloud afin que les gens puissent se rappeler et se souvenir de la fête. Je pense que ces choses sont importantes pour que les gens sachent qu’ils sont tout aussi importants pour moi, que moi pour eux.

Ils peuvent répondre sur Facebook en plus de ça.

Exactement. Je ne suis pas fermé comme ça, j’aime que les gens chérissent et partagent ces souvenirs. Nous n’avons qu’une seule occasion pour faire une impression. Je veux dire, ils peuvent venir vous voir n’importe quand mais chaque fois est unique.

Cela veut dire que tu essayes de faire un set différent à chaque fois ?

Absolument. Je peux avoir avoir la même musique. Si je joue deux ou trois nuits d’affilée, bien sûr, j’aurai la même musique, mais tout se passe de différentes façons. Mais j’essaie toujours de faire un set différent, il n’y a pas de playlist.

Pour un dj aussi méticuleux que toi, est-ce nécessaire de connaître tes disques par cœur ?

Je pense qu’il est important d’aimer la musique que tu joues et de la comprendre. Tu peux connaître un disque par cœur mais si tu ne l’aimes pas, ça ne veut rien dire. Si cela te fait bouger, si cela te donne envie de faire du jour, si cela te fait battre le cœur, alors tu es au bon endroit. Le fait est que, pour moi, je ne peux parler pour personne d’autre, mais pour moi, je pense que mes premières années de djing consistaient à devenir technique et à rendre la musique agréable, en douceur. Mais au fur et à mesure que le temps passe, il devient plus une expression, tout tourne autour de la musique, le dj s’y affaire. Tu as vraiment besoin d’aimer la musique que tu joues pour avoir cette expression. C’est là où je suis maintenant, j’aime faire la fête, je veux voir tout le monde danser.

Parlons un peu du Japon, quand as-tu joué là-bas pour la première fois ?

En 2011, j’ai joué au Club eleven, qui s’appelait à l’origine Club Yellow. Le Japon est très spécial pour moi, j’aime beaucoup ce pays parce que je me suis retrouvé là-bas. Ce que je veux dire par là c’est que j’étais capable de jouer d’une manière que je n’aurais jamais cru pouvoir le faire. Je ne pensais pas que c’était possible pour moi. En jouant et en sentant vraiment la foule, ça m’a inspiré. Cela a créé une relation, du moins dans mon cœur et dans mon esprit, que je chérirai toujours. Quand j’ai commencé à travailler avec Mule Musiq, c’est parce que nombre de mes héros ont travaillé avec Mule Musiq, je voulais y contribuer. Ils m’ont laissé faire un remix de Basic Soul Unit, puis un disque puis un autre. Cela a conduit au projet FP One qui était constitué de 3 albums. J’ai joué là-bas pendant toute ma carrière, j’y allais peut-être une ou deux fois par an, j’adore toujours y aller. Chubu est mon endroit préféré, mais j’aime toutes les parties du Japon. J’ai vu plus du Japon que je n’aurais pensé.

C’est à cause de l’atmosphère là-bas ? Les gens ?

Totalement. Les gens apprécient énormément la culture de la musique, de bien des façons. Ce n’est pas seulement de la dance music, ils l’adorent. Ils regardent l’artiste, en particulier l’artiste américain, parce que nous venons d’un certain endroit avec une certaine histoire. Si vous présentez cela de façon authentique, ils l’apprécient et je le ressens immédiatement. Je n’ai jamais imaginé que j’irais au Japon, que j’y jouerais, ferais de la musique sur un label japonais. Je trouve l’inspiration quand j’y vais, ça mène toujours à un projet avec moi. J’ai quelque chose à dire sur cette expérience. J’aime l’atmosphère, les gens, la culture et essaye de les comprendre. Ils regardent le reste du monde. C’est une chose intéressante à observer.

Et ils respectent beaucoup la musique…

Incroyablement. Ils ont une très grande révérence pour la musique. Comme par exemple, vous allez à Union disco (un disquaire), à la station d’écoute. Ce n’est pas comme dans tous les magasins de disques où vous choisissez votre disque. Vous devez demander le disque au comptoir, ils le déballent pour vous. Ils veulent s’assurer qu’il reste dans sa condition de départ. Ils traitent le produit avec énormément de respect, ils l’appliquent à tout. C’est comme une autre planète.

Même avec les systèmes son

Quelques-uns des meilleurs systèmes son sur lesquels j’ai joué dans ma vie. Comme le système de son à eleven, celui de Contact, je n’ai jamais joué sur un mauvais système de son au Japon, toujours le meilleur. Pour moi, le Japon est définitivement le numéro un.

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Le Macki Music Festival

Edition 2018

 

ENLIGSH VERSION

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How did you get into music ? 

I had a radio when I was a kid, I used to listen to radio all time. My parents collected records and I was intrigued by what they listened to. I used to get records from my mum, she used to give me records when I was good at school. If was good at school, I could go to the record shop and pick up the records I want. That’s really how I got into music.

Was it something you always wanted to do ?

Well, it was just natural. As a kid, to be into music because I grew up in Brooklyn and there wasn’t a all lot to do, I you could imagine, there were no homecomputers, no internet, everything was analog so. There were just basically records, eight tracks cassette that you listened to in the car. There was no cassette tape at that time. That didn’t happen until we reach the 70’s and early 80’s. I was listening to the radio all time and the music of my parents.

What did you parents listen to ?

They listened to everything. My mother listened to soul and classical music. My father was into soul, jazz, rock, reggae music. Basically some rock and experimental stuff.

You listened to every kind of music, with no boundaries?

Yeah, well, I didn’t have a choice, we all live in the same house. It’s like whatever they listened to, I listened to.

And when did you start to produce ?

My first experience djing, I did’nt know what it was. I was a kid, my father used to play music for my family, at parties that we would have at the house, in the backyard, stuff like that. When I was 10, I started to feel like space, so I would start playing music for my family, during the summer. There was a time, I was doing it for my family then for my friends, at birthday parties. It was still natural, I wasn’t considering myself as a dj but I was always the guy with music.

So you decided to continue this way ?

Music was always something that I did. Like, what was it ? 1983,  Beat Street came out and that was highly influencal because I was into breakdancing and stuff like that. It just kind of inspired me more, maybe to just keep doing it. I started do things, with experimenting with cassettes in my room.

When you started producing, what kind of music where you doing ?

My very first time in the studio, I did a demo for a family friend which sounded very hip hop. But when I started getting equipment for myself, I strated doing house tracks. And I was doing that because I wanted to make tracks with the music I was fine at the time.

Would you say today, that you musicality has evolved ?

Back then, it was just like raw, loops, it wasn’t just so much focus into the music, just sound repeating without any focus. I eventually got involved with someone who became my mentor and taught me what production is about. I started to learn how to focus andthat kind help me to develop my own sound.

Who was that person ?

That was a gentleman by the name of Greg Spooner. This guy took under his wing for 4 years, in studios and he would help on formal partener on making a demo, at that time I was doing hip hop music. What I learn was studio engineering and song structure. All of that I learned, helped me to develop the sound that you hear today. Most producers that are recognizable, it’s because they have their own sound. Like a Premier track, it is his sound, he was the pioneer of this sound, a lot of people try to sound like him but there is a special swing. That process of learning, taught me to have my own sound.

From the beginning you always tried to have your own sound ?

It’s not a matter of trying, it’s a matter of constantly doing it. Let’s say that anything that you do every day, that you get good at it, you develop a level of proficiency. For me, it was more about developing that focus and when I was doing hip hop or dance music, or even just making experimental sounds, all theses things taught me to have this focus. I love to produce, to create music, to play it, so it all circles around me.

I believe that Jus Ed had a great influence on you

Jus Ed gave me opportunities to release music on his label and helped me to launch my own label. From that, I had some successful records which led me to tour. And I started out touring. From London, and then from London I came to Berlin. I was living between New York and Berlin for some years, and in 2012 I decided to move to Berlin.

Why did you chose to move to Berlin ?

Actually, I was just on the road all the time. At that time, I was still very new to touring, I was being booked a lot. I spent more time in Europe thant America, it didn’t make sense to spend a few weeks in America and then come back to Europe for a few months. So I dececided to stay. Also I was in a long-term relationship, my girlfriend broke up and I happened to leave for tour a couple of weeks later.

And how is your life there ?

I love Berlin, are you kidding me. It wasn’t an easy transition, the first two years were very difficult for me. It’s not that there are no difficulties now but I’m still an American, I’m considering myself as a guest, I’m not a German citizen, I don’t even speak German. But What Berlin has allowed me to is something that I would probably never be able to do in America which is to be an artist.

Is it easier to be a dj/producer in Europe thant in the United States ?

I wouldn’t say Europe, I wouldn’t definitely say : at the time when I came to Berlin, it was like wow, 2010, 2011, it was harder because German is a huge barrier, there is a completely different mentality and way of being, you have to learn how to ajust. And for Logistics, travel around, it’s probably the best place to travel. Economically at that time, it was not as expensive as is it today. Now you’re talking about gentrifying Berlin, people from everywhere and developing building, building everywhere. Prices have grown up. It’s a pretty international city now. It’s not as easy as it used to be but the geography has not changed, it’s still easy to travel, because it’s essential to everyone. For me, because I’ve been around for a while, it’s the thing that has sustained me.

Have you met some people that helped to acclimate to Berlin ?

Yeah, I didn’t know nothing about Berlin, my agency that I started out with, they kind of helped me out. Nick Lampion, who was part of Artefakt. I was the first people that I met, him and Tevo Howard. We would hang out like every day. In fact, we were roommates for a couple of years. There is all bunch of people that helped me out. Esther Dujin, she was also pretty close in the early years.

The fact that you moved to Berlin influenced your music ?

I would say so. That happens with any artist, we are influenced by our environment. For one, I’m living here, I’m shopping for music here, I’m playing in Europe and I’m being influenced by the places where I play. It all has something to do with my sound.

You said earlier, that you started touring a lot, was a big change for you ?

It was totally a big change for me. Until I started travelling, I haven’t been out of the United States. I took my first overseas gig in 2010, I went to Germany to Hoffenberg and Heidelberg. I was just those two gigs, but I’ve never been on a plane longer than two hours. So to travel like 8 9 hours, go overseas, to play in front of people who’ve never experienced your music, it was different. Then, when in 2010, things really kicked off, with the structure album. My mind was open, when I was in New York, I used to party super hard, like really hard. When I started to play more frequently, I wasn’t partying at all, I was just focused on playing and making music. It wasn’t a huge adjustment, I’m super grateful and happy to be able to do it.

And today, are you still touring a lot ?

I still like to play a lot. That’s my favorite part, I spent a lot time in the studio making music, the idea is to create a stream of consciences where I kind introduce new music. The more you play the more you can do that. Because you’re talking about being in front of people, it’s different when someone is listening online or listening to a record at home. When you have a group of people all experiencing the same thing at the same time, it’s a different level of energy, of couscienness. So I enjoy that very much and I want to play as much I can.

You mostly dj, do you do live ?

I do have a live project which is called the infinity project I’ve done it for mutek in Montreal and in Barcelona. I enjoy doing live, I plan on taking that a step further maybe a little bit more like next year, I’ll be more focused on doing a live project.

I wanted to talk about your relationship with records. What space do your records take in your life ?

Records are important to me because I love to make records and I love great records. These days, so many records come out, it’s hard to get everything. Right now I have two record collections. One in Berlin and an other one in New York. My place is very small here in Berlin, so I had to slow down on buying records, there is no place to put them. There are literally everywhere. It’s a little bit difficult, because I always want to get something new. There is like a few great record shops that I like going to and I always come with more records. And yeah, records are important to me. Unfortunately, I don’t carry so much records at gigs. It’s little bit difficult, most time, I have a flight with a connexion and the bag get lost. And I have to be prepared to play without them. So what I do, to avoid all of that, I’ll buy records that are vinyl exclusive and the I’ll ripped them, I’ll use a usb stick. I’ll take a stack that I can carry on into the plane.

When you have only a few vinyl, do you miss to play these records ?

It depends, I’ll always have 15, 20 records in my carryon bag. But when I go into party, I have to understand what’s going on before I start playing. It’s doesn’t take that much time before I figure it out but I need to understand what the people are and what they need. It’s what do I bring. With the USB I have more music that I can ever play.

So you can adapt to your crowd ?

Exactly. The thing is, when that happens, I might not play any. Now, if I have just my record bag there is no usb or CD, then it’s just what’s in the bag. That’s fine too but I’ll require me to take the people to a complete different direction. If I’m not prepared for it. I like the idea to be able to go in any direction

Have you improved your way of understanding your audience ?

Yes, I’ve learned a lot through the experiences of playing all over the world. Every party is different, every club requires a different touch and you should be prepared to make adjustment set all the times. I think the biggest take away from that is to take your ego out of ot, it’s not about you, it’s about the people who come to the party, who enjoy themselves. If you make that your priority, you should be ok.

Because you really seem to have a special bound with your audience, especially with your Facebook page and thankful posts.

Yeah totally. I believe you should be grateful. For one, If you love music and you doing this as career, you should be grateful period. There is so many people that would like to do same thing and don’t get that opportunity. I’m always happy when people show up to a party, they are open and they enjoy themselves and have a good time. I’m super grateful for that. I enjoy as well because I love the music just as much as they do. I like to share that, to give it back. I like to share the set on my soundcloud page so that the people can reminiscent and remember the party. I think those things are important to let people know that they are just as important to me as I’m to them.

And they can respond on the Facebook page.

Exactly. I’m no closed off like that, I like the people to cherish and share those memories. We only get that one time to make an impression. I mean, they can come to see you any time but each time is unique.

That means that you try to make a different set every time ?

Absolutely. I might have the same music. If I’m playing two or three nights in a row, of course I’ll have the same music but it all happens in different ways. But I’m always trying to make a different set, you know there is no playlist.

For a dj as meticulous as you, is it necessary to know your records by heart ?

I think it’s important to love the music that you play and to understand it. You can know a record by heart but if you don’t love it, it’s doesn’t mean anything. If it moves you, if it makes you want to day, if it makes you heart skipping beats, then you are in the right place. The thing is, for me, I can’t speak for anyone else, but for me, I think that my early years of djing was all about becoming technically proficient and how to make the music pleasurable, smooth mixing. But as time goes by, it becomes more as an pexression, it is all about the music, the dj takes a back sit to that. You really need to love the music you’re playing in order to have that expression comes through. That’s where I’m at now, I like party rocking, I want to see everyone dancing.

 

Let’s talk about Japan, when was the first time you played there ?

In 2011, I played at Club eleven, which used to Club Yellow. Japan is very special to me, I love that country dearly because I found myself there. What I mean by that, I was able to play in a way I never thought I could. I didn’t think it was approachable for me. By playing and really feeling the crowd, it inspired me. That created a relationship, at least in my heart and mind, that I’ll always cherish. When I started working with Mule Musiq, it was because a lot of my heroes have worked with Mule Musiq, I wanted to contribute to it. They let me doing a remix of basic soul unit, than doing 12inch then an other 12inch. That led to FP One project which was 3 albums. I toured there during my entire career, I would go there maybe once or twice a year, I always love going there. Chubu is my favorite place to be but I love every part of it. But I saw more of Japan that I ever thought I would.

Is it because of the atmosphere there, the people ?

Totally. The people have a huge appreciation for music culture, that goes in so many ways. That’s not only dance music, they love it. They look at artist, especially American artist, because we come from a certain place we have a certain story. If you’re presenting that in a genuine and authentic way, they appreciate it and I felt that immediately. I’ve never thought in a million years that I would go to Japan, play there, make music on japense label. So, I find the inspiration when I go there, it always leads to a project with me. I have something to say about that experience. I love the atsmophere, the people, the culture and trying to understand. They look at the rest of the world. That’s an interesting thing to observe.

And they respect the music a lot…

Incredibly. They have a really large reverence for music. Like for example, you go disco union, to the listning station. It’s not like in every record store where you just pick your record. You have to take to the counter, they unwrap it for you. They want to make sure that it stays in it presteams condition. They treat the product with so much respect, they apply that to everything. It’s like an other planet.

Even with the sound systems

Some of the best sound system I have played in my life. Like the sound system at eleven was, the one at Contact, I’ve never played on a bad sound system in Japan, always the best. For me, definitely Japan is number one.

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